Célibat et romance à la terre-neuvienne (partie 2)

Désolée, j’ai procrastiné et ensuite je me suis essayée au prix du récit Radio-Canada. Advienne que pourra avec ça. Je ne sais pas si mes textes de concours sont meilleurs ou pires avec la pression de performance. En tout cas c’était toute une expérience à écrire. Ça relate trop un moment étrange et peu glorieux de ma vie et c’est tout ce que vous allez savoir là-dessus pour le moment. Ce texte-ci a aussi des moments étranges et peu glorieux.

Après avoir parlé des pick-up et ski-doos, nous voilà maintenant rendus aux vraies dates vraiment arrivées (ou pas, car certaines histoires n’ont pas abouties en date).

  1. Le Terre-Neuvien de Malaisie

Memorial University, MUN pour les intimes est l’université la moins chère au Canada pour les étudiants étrangers. Ça fait en sorte que beaucoup de Terre-Neuviens ne sont pas, en réalité, des Terre-Neuviens, mais plutôt des Indiens, Africains, ou dans ce cas-ci, Malaisien. Mais comme ils font partie de la réalité du dating game à Terre-Neuve, c’est correct de les inclure. Nous sommes une société accueillante après tout. Quoique, je suis pas mal sûre que ce gars-là préférerait ne pas être accueilli sur cette liste.

« J. » avait 20 ans. Ses photos Tinder étaient pas pires dans son style. C’était un svelte asiatique aux longs cheveux avec une mâchoire ciselée. Un beau matin où je me trouvais à Terre-Neuve en quête d’une activité amusante, j’ai décidé de lui demander s’il voulait aller à une date. On est allés se promener et prendre une bière. J. étudiait l’ingénierie et riait de mes blagues, so far so good. Il a payé pour moi, quelque chose auquel je suis idéologiquement opposée mais trop pauvre pour m’opposer dans la vraie vie. On est allés marcher alentour du port et il m’a embrassé sur le bord de l’eau. Romantique AF. Je suis rentrée chez lui et j’ai dormi dans son lit. Je n’étais pas certaine de vouloir baiser et il n’a pas trop insisté.

J’ai appris le lendemain matin qu’il était vierge et que j’étais la première fille à avoir dormi dans son lit. Oh ok. Assez surprenant mais coudonc. Je ne juge pas ça. Sauf que…

Après deux autres dates, ça semblait un peu off notre affaire et ça devenait clair que j’allais pas le dévierger. J’y ai demandé ce qui n’allait pas et après quelques tergiversations il a fini par me dire : « Je pense que je n’aime pas dater à l’occidentale, ça me met mal à l’aise. »

 

What.

The.

Fuck.

 

De toutes les excuses douteuses pour ne pas me dater, j’ai encore celle-là en travers de la gorge. N’importe quelle situation qui serait extrêmement incorrecte si les rôles sont inversés est, à la base pas correcte. Je ne suis toujours pas sûre de ce que ça veut dire dater à l’occidentale de toute façon… Est-ce ma sexualité débridée de femme blanche? (J’ai à peine touché son pénis) Est-ce le fait que je prenne le lead et l’invite à aller quelque part plutôt que l’inverse? Il a tenté une explication comme quoi il préfèrerait être amie avec une fille avant et éventuellement que l’amitié se transforme en amour. Ok gars mais, de toute évidence CONSIDÉRANT LE FAIT QUE T’ES VIERGE, CETTE SITUATION NE S’EST JAMAIS PRÉSENTÉE DANS TA VRAIE VIE, ANYWAYS. Pis moi aussi j’aimerais ça rencontrer quelqu’un autrement qu’avec Tinder. Mais simonac, j’vis à Terre-Neuve dans un mini village alors à moins que je me mette à dater des phoques, je vais continuer d’utiliser Tinder, ok? Pis fuck off d’essayer de me rendre honteuse d’utiliser Tinder, tu m’as rencontré toi-même via Tinder, idiot. N’essayez pas de le défendre en disant « pauvre ti-malaisien vierge » parce c’est lui qui a fait toutes les premières démarches en but de m’amener dans son lit, moi tout ce que j’ai fait c’est demander s’il voulait me rencontrer dans la vraie vie. Anyways, « J. » le malaisien peut aller se faire foutre, littéralement, ça y ferait du bien pis y serait pas autant malaisant (oh mais quel excellent jeu de mots)

 

  1. Le Terre-Neuvien qui m’a bloquée

 

Alors « A. » c’est un vrai Terre-Neuvien qui venait de Clarenville (foule deep down Terre-Neuve). Barista (cool), Tattoos (pas mon truc, mais cool aussi), cute sourire (très cool). Même chose que l’autre idiot, je suis à St-John’s, je l’invite à une date parce que pourquoi pas, dans la vie je persiste à croire qu’il faut aller chercher ce qu’on veut et j’étais pas mal décidée que je le voulais.

Enfin… La date s’est étrangement très bien déroulée. Le gars est super chouette, cool mais un peu awkward, un bon mélange parce que si le gars est trop cool ça me stresse vraiment trop. Tu dois pouvoir être aussi cool que ton partenaire dans la vie et s’il était trop cool j’aurais l’air idiote. Enfin, la date finit, on ne s’embrasse pas parce que d’un côté je n’ai jamais été bonne pour aborder les premiers baisers et de l’autre, je suis pas mal sûre que lui non plus (comme je vous dis, il était cool mais un peu awkward). Enfin, il me dit de passer à son café, qu’il me ferait un foule bon latté, on jase sur facebook un peu. Je prends alors la décision, comme je l’aime bien et que je le trouve vraiment cool, de lui dire la vérité : « Écoute… moi je ne me cherche pas un chum ou un mari ici, c’est stupide, je repars dans trois mois. Mais j’te trouve nice pi j’aimerais vraiment qu’on soit amis, parce j’aimerais avoir plus d’amis que j’aimerais aller voir à Terre-Neuve quand je vais y retourner»

 

Y répond pas pendant une semaine.

 

Oh ok il m’a ghostée, va chier, je ne m’y attendais pas mais c’est la vie et je suis mieux sans lâches dans ma vie de toute façon. Mais une semaine plus tard, il m’écrit sur fb « Oh pas de problème ne t’inquiète pas ». Ah cool il m’a pas ghostée, je vais répondre et checker s’il veut faire de quoi!

 

Sauf que je peux pas répondre… Parce que « A. » m’a BLOQUÉE MAUDIT

 

Et, de ce fait je ne peux plus le contacter. Là je sais que certains d’entre vous vont penser que je l’ai harcelée, que voyons donc pourquoi il m’aurait bloquée après une semaine de silence radio si j’avais pas fait quelque chose d’immensément étrange et inquiétant. Sauf que… non? Je ne lui ai pas réécrit après mon message lui proposant la voie de l’amitié. Ça ne voulait pas dire pas de sexe en plus, j’ai déjà couché avec certains de mes amis, ça se fait. Et j’hais me faire ghoster mais je comprends ce que ça veut dire alors je n’insiste pas. Mais de se faire bloquer après une semaine de silence radio, euhhh pourquoi ???

 

Je serais curieuse d’entendre sa version des faits.

 

En tout cas, ce qui me fait le plus chier de cette histoire c’est que maintenant je suis trop mal à l’aise de retourner au café où il travaille. Et j’aimais bien ce café alors je suis très fâchée contre lui. Mais ce gars-là me semble secrètement paranoïaque alors j’ai peur qu’il pense que je le suis si je vais me chercher un café et que j’aille à parler à la police (p’têt moi aussi je suis paranoïaque, quelle beau couple nous faisons)

 

La morale de cette histoire est de ne pas dater des gars qui travaillent à des endroits où tu aimes aller. Parce que si le gars s’avère être un méchant weirdo paranoiaque, c’est pu cool après aller là. « A. » pourquoi tu pouvais juste pas être un trou de cul normal?

 

  1. Le gars qui m’a chokée trois fois

 

Ok celle-là, je l’avoue, c’est de ma faute. J’aurais jamais dû y laisser trois chances, c’est la pire idée au monde. Aucun gars mérite trois chances, aussi beau soit-il. To be fair, il était très beau. Il n’y a pas grand-chose à dire sur « D. »… C’est un gars de plein air barbu. Le genre de gars que tu t’imagines qu’il pourrait aller te sauver si tu étais attaquée par des loups. Comme la bête dans la Belle et la Bête mais en plus sexy et moins bestial. Pis c’était un roux. Moi les roux, c’est toujours un solide +1. Y’a quelque chose d’irrésistible avec ce p’tit gène récessif là. Bref, c’est pour ça que j’y ai laissé trois chances. Il a choke la première fois parce on était supposés se voir le matin (son idée) et il a trop dormi suite à un party la veille. Ça arrive. Je suis un peu mad, mais aller à une date avec un déchet hangover ça ne me tente pas tant non plus. Mais il veut qu’on se reprenne le lendemain matin, il insiste. Ok, il a l’air de se sentir coupable, pourquoi pas? Le seul truc c’est que ce matin-là je voulais aller voir le lever du soleil sur l’océan. Que voulez-vous je suis touriste des fois, même six mois après être pognée sur cette damnée île. J’insiste sur le fait qu’il n’est vraiment pas obligé de venir avec moi, qu’on peut se voir après, mais que j’allais me rendre au point de vue dans tous les cas. Il insiste pour venir et propose de venir me prendre en voiture pour qu’on s’y rende au chaud. Ok. Mais ÉVIDEMMENT il ne s’est pas pointé et j’ai manqué mon lever du soleil en l’attendant. J’en ai pleuré comme une damnée. Pas à cause de « D. » on s’en crisse de lui aussi sexy soit-il. Mais j’étais tellement fâchée contre moi-même d’avoir attendu un idiot poilu au lieu de faire ce que je voulais vraiment faire, soit aller voir mon lever du soleil. En plus je suis aucunement matinale, j’hais me lever avant 9h, chaque cellule de mon corps tente de me retenir dans mon lit et il me faut une méchante bonne raison pour le faire. GENRE UN LEVER DU SOLEIL. Mais je l’ai même pas eu, mon lever. Je l’ai vu de loin, caché par des immeubles et une montagne que je devais monter à l’aube. Donc même chose, le gars se sent mal, s’excuse. J’y dis qu’il me doit un soleil alors je sais pas comment il a l’intention de me rembourser un soleil complet. Il me propose qu’on aille faire de la rando et qu’il me fasse un déjeuner sur le sentier. Le plan est intéressant, je suis presque vendue, si ce n’est que, comme de fait, le plan n’aura en réalité jamais lieu dans la vraie vie. Damn you « D. » you sexy newfie. Comme quoi les fuckboys ne portent pas toujours des casquettes et des vêtements griffés, certains sont barbus et ont traversé Terre-Neuve en vélo. (criss yé encore sexy le sacrament). Mais je mérite mieux

 

Bref, suite à tous ces échecs, je devrais peut-être franchir le 40 km qui me sépare de la ville de Dildo plus souvent au lieu de tenter de rencontrer des Terre-Neuviens. Clairement je suis incapable de dater à la terre-neuvienne. Ça ou j’ai pas fait un chin comme il faut et je purge mon sept ans de mauvais sexe/juste pas de sexe du tout.

Je suis pas sûre de comment finir l’article ou de trouver une morale à cette histoire. Tinder c’est de la marde? La date c’est de la marde? Les terre-neuviens sont de terribles amants?

Dans tous les cas je m’ennuie un peu des Québécois. Ils ont leurs propres manies et ils sont sans doute autant idiots que tous les hommes du Canada mais je suis plus habituée à leurs bizarreries et ils m’ont jamais mise dans des situations autant malaisantes que mes trois terre-neuviens.

xoxo

La Chandram

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Célibat et romance à la terre-neuvienne (partie 1)

*Cet article s’adresse sans doute aussi au Canada anglais au grand complet moyennant certaines exceptions

Voici venu… Mon article le plus Narcity jamais écrit… pour célébrer cet événement de Chandram qui devient full trop lifestyle #lifestyleblogger, je vais écrire deux articles sur le sujet, parce qu’il y a trop de choses à dire sur les porteurs de phallus terre-neuviens s’identifiant au sexe masculin.

Ceux qui me connaissent *dans la vraie vie* sont au courant que je suis célibataire depuis un million d’années (4 ans). Ça fait tellement longtemps que j’ai dû changer les paramètres de mon Tinder parce qu’ils ne correspondaient plus du tout à la tranche d’âge dans laquelle j’étais prête d’aller piger pour trouver le nouveau Monsieur Chandram.

Dans l’avion pour me rendre à Terre-Neuve, un sympathique monsieur dans la cinquantaine était assis à côté de moi et m’a partagé cette prophétie « You’re gonna find yourself a nice newfie man and never leave the island »

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Chandram qui songe à son mari terre-neuvien pêcheur, 2018, Anonyme, (l’artiste m’a demandé de ne pas la citer parce qu’elle trouvait son dessin vraiment trop laitte mais moi je le trouve bin correct)

Je vais pas mentir, j’étais pas contre l’idée… Je n’étais pas encore atterrie à St-John’s et j’avais encore cette idée extrêmement romantique d’être la nouvelle ingénue arrivant dans une région magnifique et peu habitée, rencontrer le pêcheur du village qui a une vague ressemblance avec Alexander Skarsgård, mais comme, quelques coches moins beau parce que soyons honnêtes, Alexander Skarsgård est sérieusement en haut de ma catégorie de gars que je peux me pogner, même dans mes fantasmes. Ça brise la magie si le gars est trop beau. Donc, pour le bien de la cause, disons Alexander Skarsgård avec 20 livres de trop sur son corps parfait de statue grecque, avec sa peau d’albâtre un peu maganée parce il aurait eu de l’acné à l’adolescence.

Bref, on se serait rencontrés alors que je me serais perdue pour une raison quelconque dans un village où il y a seulement quatre commerces et il m’aurait raccompagné au mignon cottage en brique de style victorien où j’allais habiter (j’habite dans un immeuble blanc en latte de vinyle).

On accélère le reste du film… Alexander Skarsgård a un terrible secret… au bout du compte il croyait me sauver mais c’est moi qui le sauve de ses démons… on se marie etc.

C’est un long fantasme mais c’était un long vol.

Cinq mois plus tard, je n’ai toujours pas trouvé mon beau pêcheur. En fait l’industrie de la pêche ne va pas bien du tout, donc même si mon beau pêcheur existait, il travaille maintenant sûrement dans une plateforme de pétrole off-shore ou sur le chantier du barrage de Muskrat Falls au Labrador même si c’est moyen populaire comme idée d’aller travailler là alors il y a peu de chances que je le croise.

Fidèle à mes habitudes de vieille fille, j’ai donc activé mon Tinder, mais, Terre-Neuve et vie de région obligent, j’ai dû mettre le rayon de recherche à 50 km.

Comme j’ai dit dans mon article de lançage de roches, tu veux pas insulter les Terre-Neuviens, t’es sur une île, ils sont plus nombreux que toi et c’est quand même une méchante trotte à la nage pour retourner sur les côtes du continent.

Cela dit…. le Terre-Neuvien moyen sur Tinder est un tantinet moins romantique que celui dans mon roman de Nicholas Sparks imaginaire…

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Case in point…

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Second case in point…

BREF, bien qu’il soit rassurant de savoir que mon éventuelle tindate peut faire des wheelings sur sa motoneige et qu’il y aura toujours une possibilité de lui demander de déménager un frigo dans son pick-up, je ne suis pas convaincue qu’un gars qui tente de séduire des filles en ligne en mettant des photos de F-350 (j’ai dû le googler je ne connais rien en chars) sur Tinder, puisse conquérir mon cœur, MÊME s’il fait un wheeling AVEC son pick-up.

Les gens qui vont me dire « Arrête de juger les gens sur leurs apparences, c’est pas parce qu’un gars conduit un pick-up que c’est un idiot » n’ont sans doute jamais utilisé Tinder plus qu’une semaine. Ou conduisent un pick-up. Le but de Tinder, C’EST de juger sur les apparences et si ça se trouve, les gens y sont plus authentiques parce qu’ils s’assument comme jugeant les autres sur leur apparence, ce que tout le monde fait, anyways.

Qu’est-ce qu’ils essaient de dire avec leurs photos de pick-up de toute façon? T’aurais pu le dire que t’aimes les chars dans ta description, j’aurais compris. Ou une photo de toi qui gosse sur ton char, ç’aurait déjà été mieux. J’imagine que tu trouves que le pick-up est plus beau que ton visage et c’est pour ça que tu le priorises. C’est probablement vrai, puisque les gars qui mettent des photos de pick-up ont souvent l’air vaguement cosanguins. Cependant, le fait de mettre une photo de ton pick-up géant veut surtout dire pour moi « Je pense que je suis laid et je n’ai pas confiance en moi » et c’est encore plus laid qu’un gars juste laid. J’ai couché avec des gars laids. Ça marche de la même manière qu’avec un beau gars, je vous le jure. Mais les gars laids avec qui j’ai couché avaient confiance en eux, ce qui les rendaient bizarrement sexys.

En tout cas, je vais le dire en anglais au cas où un Terre-Neuvien* essaierait de lire et pourrait m’expliquer le concept: « Why the fuck do you think showing your tiny-dick syndrome’s pick-up will help you get laid? »

Quant aux gars qui font des wheelings avec leurs motoneiges, je reconnais que c’est plus impressionnant qu’un esti de pick-up stationné, cependant c’est probablement dangereux, stupide et aucunement bon pour l’engin et un gars qui tient autant peu à sa vie n’est généralement pas le genre à mettre un condom. C’est donc un non pour moi.

Mais… j’ai tout de même été à quelques dates (rencards pour mes 3 lectrices françaises) à Terre-Neuve. J’ai même déjà embrassé des Terre-Neuviens… Certaines dates venaient même de Tinder! Le charme rugueux de la Roche (les Terre-Neuviens surnomment l’île The Rock) a t-il définitivement fait effet, malgré ma désillusion de ne pas être dans un roman de Nicholas Sparks? La réponse dans le prochain article: Rendez-vous galant à la terre-neuvienne (partie 2) à paraître bientôt! 1105 mots c’est bin déjà bin trop pour un article alors à plus!

xox

Chandram, La

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*J’ai vu beaucoup de photos de pick-up au Québec aussi, le problème est généralisé. Cependant, il est bon de savoir que de recueillir ma collection de photos de pick-up ou motoneige sur tinder m’a pris environ 10 minutes, et j’en ai d’autre dans mon cell qui ne fittaient pas dans le photomontage.

Lancer des roches et autres terre-neuveries

Donc voilà, apparemment j’écris sur mon blogue à tous les 9 mois avant de l’abandonner pour encore 9 mois. C’est comme quand je joue aux Sims dans le fond.

C'est un beau selfie dans mon beau k-way rose

La Chandram, qui s’apprête à aller lancer des gros galets dans l’eau

La dernière fois que j’ai écrit sur ce blogue, je vivais dans le sous-sol de mes parents, suite à une sortie dramatique de mon bacc en droit. Aujourd’hui, je ne suis plus dans un sous-sol, je suis dans le rez-de-chaussé d’un immeuble à Holyrood, Terre-Neuve, dans une chambre. Je fais le programme Odyssée, qui, en gros, est le summum du multi-culturalisme canadien à la P-E Trudeau. Ma job, dans une école secondaire terre-neuvienne est de partager la culture franco-canadienne et d’inciter les jeunes à apprendre le français au travers d’activités amusantes et éducatives. C’est pas trop clair comme description et c’est pas trop clair ce que je suis supposée faire puisque ça change d’école en école. Mais vu que la population francophone est quasi-inexistante à Terre-Neuve, le simple fait de démontrer aux jeunes que des vraies personnes parlent vraiment français au Canada les impressionne déjà beaucoup. Enfin… éventuellement je vous parlerai de la job, dans laquelle euh, je n’excelle pas toujours (oups) mais aujourd’hui, parlons de Terre-Neuve et de Holyrood.

Ça fait déjà un boutte que je suis ici et j’en ai encore pour un boutte alors je dois faire attention à ce que je dis, parce que certains Terre-Neuviens, bien qu’anglophones de naissance, comprennent assez bien le français, comme le directeur de mon école et la prof de français avec qui je travaille (Si vous lisez ça, salut vous deux!). Ça ne devrait pas être trop pire parce que je n’ai pas trop de choses négatives à dire, mais tu ne veux pas te mettre l’île où tu vis à dos, parce que c’est une île et l’eau est très froide pour nager jusqu’au continent s’ils sont fâchés contre toi.

Donc Terre-Neuve, c’est magnifique mais… euh… peu de gens le savent parce que peu de gens vivent là (en particulier en dehors de St-John’s, genre à Holyrood) et peu de gens y vont. Donc les infrastructures sont quelque peu limitées, ce qui rend l’expérience assez chaotique quand tu es une p’tite hipster pas d’auto (mes haters vont dire que j’ai pas de permis non plus) comme moi. Je vis à 35 km de St-John’s, la capitale et il n’y a aucun moyen de s’y rendre, mis à part faire du pouce ou supplier un collègue de te faire un lift. Ça suce un peu beaucoup parce que j’aime vraiment beaucoup y aller. St-John’s, c’est une ville cool qui ne sait pas qu’elle est cool, alors ça la rend encore plus cool. Mais je ne vis pas à St-John’s, je vis à Holyrood.

Je passe donc le plus clair de mon temps dans mon village à 35 km de St-John’s qui pourrait tout aussi bien être à 350 km de St-John’s et ça ne changerait pas grand-chose pour moi étant donné que je n’ai pas d’auto. Ma vie sociale est anémique dans ce village où je suis peut-être la seule personne dans la tranche d’âge 18-25 ans. Quand je suis en congé, la plus grosse interaction sociale de ma journée est quand la caissière du « convenience store » me dit « have a nice day, my love » et là je me sens toute spéciale parce qu’elle m’a appelée « my love » même si toutes les Terre-Neuviennes appellent littéralement tout le monde « my love » et je trouvais ça bizarre au début, parce que la caissière et moi on n’avait même pas eu une date encore, et dans mon esprit de Québécoise, d’habitude il y a une petite période de fréquentation avant que tu commences à appeler quelqu’un « mon amour ». Les Terrre-Neuviennes, elles, elles ne niaisent pas avec ça.

J’habite à deux minutes de la plage de gros galets où, une fois, j’ai vu des baleines et j’étais bin excitée. J’aime toujours aller à la plage, même si marcher sur des gros galets, ce n’est pas évident et même si l’eau est en permanence assez froide pour te faire faire un arrêt cardiaque si tu te trempes au complet dedans. Mais c’est le fun pareil et j’aime lancer des gros galets dans l’eau et entendre le gros plouf. J’ai sans doute l’air touriste en titi quand je fais ça mais c’est pas grave, après cinq mois je trouve ça encore cool.

Sinon, je vais souvent marcher sur l’ancienne « track » de chemin de fer, mais c’est toujours dangereux parce mes élèves roulent en motocross et en quatre-roues dessus et ils passent toujours proche de m’écraser. Je crois qu’ils ne font pas exprès de toujours passer proche de m’écraser, parce que j’aime penser que les élèves avec qui je travaille m’aiment bien. Cela dit, à Terre-Neuve ou au Québec, un p’tit criss, ça reste un p’tit criss. Et c’est vrai que dans le village, à part rouler en malade en quatre roues ou aller au Subway, il n’y a pas toujours grand chose à faire. Donc j’accepte le risque de mort par quatre-roues conduit par un ti-cul de 14 ans et je vais prendre ma p’tite marche su’a vieille track après avoir lancé mes roches…

Bon, vu que je vais essayer de rendre ce blogue intéressant à nouveau, je vais m’arrêter là pour me garder du bon stock pour d’autres articles et vous laisser en haleine pour de nouvelles aventures de ma vie terre-neuvienne où il ne se passe absolument rien!

J’espère que mes fidèles lecteurs (ma famille et mes quatre amis) seront au rendez-vous pour cette toute nouvelle édition revampée de mon blogue (par revampée, je veux dire: un blogue que j’écris dessus pour de vrai) et que je peux make LaChandram Great Again.

À plus bientôt que d’habitude!

xox

La Chandram

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