La Chandram pourquoi as-tu quitté le bacc en droit (partie 2)

Pour bien comprendre ce texte, lire la partie un

Bonne question

Je ne pensais pas en reparler, mais comme mon billet de blogue a eu 2000 vues et que je veux surfer sans gêne sur sa popularité, here I come.

J’ai reçu des courriels de personnes se sentant blessées par rapport à mon texte, on m’a demandé pourquoi j’ai réinventé la faculté avec autant de frustration (ou de quoi de même)

C’est vrai qu’à lire le premier article, on peut se dire: Damn cette fille veut vomir sur la fac de droit et brûler son hoodie.

Bah non.

Il est confortable le hoodie. Et j’ai déjà vomi dans la fac de droit (dans un abreuvoir pour être plus précise). C’est donc coché sur ma liste de choses à faire.

Il y a plein de choses dont je vais m’ennuyer de la faculté de droit de l’université de Sherbrooke. Les profs surtout. En particulier René Pépin, sans doute l’être le plus précieux que je connais. Avec ma professeure de quatrième année du primaire, il reste un de mes profs préférés à vie. Robert Kouri aussi est haut dans la liste, bien qu’il me terrifait juste un tout petit peu.

Je vais m’ennuyer du sentiment qu’ils pouvaient nous faire avoir quelques fois, le sentiment qu’on pourrait changer le monde.

C’est juste que moi, après un an, je ne l’avais plus ce sentiment. Je ne ressentais plus grand chose en fait.

Pour moi le bacc en droit est quelque chose de passionnel, un peu comme une relation de couple d’adolescents. Comme une cheerlader et un joueur de football. Mais je ne pouvais pas continuer. Je n’aimais plus ça et je manquais de talent.

Je persiste et je signe que c’est une faculté de cinglés, il faut vraiment être cinglé pour passer par là avec grâce.

Et il y a une bonne partie d’alcoolique, de névrosés et d’hypocrites. Pas tout le monde, comme plein de monde m’ont dit, mais assez pour qu’on en parle. Avec un grain de sel ou non.

xxx

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La Chandram, pourquoi as-tu quitté le bacc en droit?

Bonne question.

Parce que c’est un osti de programme de cinglés.

Merci. Fin du billet.

Non sérieusement, soyons honnête:

C’est honnêtement un osti de programme de cinglés.

Cela dit, ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai lâché. Je suis moi-même très pas bien dans ma tête. Mais si ce n’est pas moi la plus folle dans le coin, normalement, c’est qu’il y a un problème. J’irai pas jusqu’à dire que la faculté de droit est le dépotoir de l’humanité, dixit Jean-Philippe Baril-Guérard, mais mettons que y’a tout de même de quoi s’inquiéter un peu. Pour être allée à la fac de droit pendant un an et demie, je peux dire que la personne qui va vous aider à finaliser votre divorce est soit:

  1. Une névrosée
  2. Une alcoolique
  3. Une hypocrite
  4. Une personne malgré tout sympathique mais qui possède une des trois qualités nommées si haut

Je remplis au moins deux de ces critères. Alors pourquoi cela n’a pas marché? Moi, une candidate prometteuse, avec une cote R de feu et un vif désir de justice, pourquoi ne suis-je pas la digne héritière de Me Goldwater?

Premièrement, parce que ma cote R de feu, je l’ai eu en terminant arts plastiques. Woupidou, ça a bin d’lair que Monet et le code civil ce n’est pas si interchangeable finalement. J’étais tellement mal préparée et j’ai eu les notes qui allaient avec.

Mais surtout, le droit, c’est le quart-arrière de l’équipe de football américain qui est beau, arrogant et un peu méchant sur les bords. J’étais sa blonde cheerleader.

Il n’y a rien de mal à dater un quart-arrière un peu arrogant, mais comme dans tout bon film d’ado américain, la blonde cheerleader que j’étais avait encore un faible pour le p’tit nerd qui était son ami d’enfance.

Et je ne voulais pas lâcher mon chum-bacc, parce que je l’aimaaaaaaaiiiiissss, j’aimais l’euphorie, la fierté de porter mon hoodie écrit « Droit » dessus qui était franchement plus beau que celui des autres programmes, l’esprit d’équipe, le p’tit sentiment de fierté quand la grosse matante me demandait dans quoi j’étudiais maintenant.

J’étais dont fière et malheureuse de sortir avec ce douchebag de bacc.

Je pouvais ignorer les deadlines impossibles et la pression incroyable de certains pairs qui, telles des personnages de Mean Girls, étaient capables des pire vacheries de manière si subtiles que quelqu’un d’inattentif le prendrait presque pour un compliment. Je pouvais me convaincre si dur que j’étais heureuse dans cet univers qui carbure au four loko et aux 8 cafés par jour.

Mais non, ce n’était pas vrai.

J’dis ça, et je suis pas mal sûre qu’il y en a d’autre dans le déni comme moi parce que franchement, le programme est construit pour être malheureux, du moins à l’UdeS. On en rit mais c’est pas tant drôle.

Seulement, quand on est dans une relation vouée à l’échec, sentimental ou scolaire, il faut avoir le courage de repartir à zéro.

Je termine donc en disant au bacc en droit:

Je suis désolée, ce n’était pas meant to be entre nous. Tu cales tes bières, je les sirote, tu carbures à la compétition, moi j’suis plus coopération.

Bonne chance pour ton futur, on peut rester amis

xxx

La Chandram

 

La Chandram, pourquoi as-tu un blogue

Bonne question.

Ma prof de quatrième année m’a dit: Wow Chandram, tu écris bien. Et comme je suis très naïve, je l’ai crue.

J’ai même déjà participé à un concours d’écriture en deuxième secondaire. Je suis arrivée deuxième. Sur deux. J’ai quand même gagné 100$. Avez-vous déjà gagné quelque chose dans un concours d’écriture? Je parle pas de LA personne talentueuse qui lirait mon blogue, je parle de l’être humain moyen qui est tombé sur cette page par je ne sais quel miracle et qui a continué à lire pour des raisons obscures. C’est bien ça je pensais.

Bref, j’ai beau avoir été techniquement la dernière, j’étais aussi la deuxième meilleure, ce qui m’a permis de remporter un prix et de prendre une belle photo avec mon enseignant. C’est à ce moment que j’ai découvert que dans la vie, ça vaut toujours la peine d’essayer. Pas parce qu’on risque de le regretter, mais parce qu’il y a toujours une chance qu’on soit seulement deux à essayer.

J’ai acheté les Sims 3 plus extensions avec mon prix littéraire. J’ai donc arrêté d’écrire pour faire baiser des Sims sans arrêt avec toute leur ville imaginaire.  D’une certaine manière, je crois que les Sims sont responsables du retard de mon entrée dans le monde de la sexualité active.

Mais au delà des Sims, l’écriture reste ma passion et mon amant numéro 1. Rien ne me comble davantage que de réussir à écrire un texte satisfaisant. L’orgasme est un solide deuxième, mais il n’est pas aussi bon.

Ce blogue, c’est de la masturbation intellectuelle dans un sens. Pas JUSTE ça, mais ce serait mentir de dire que ce ne l’est pas au moins un petit peu. Cela dit, j’aime toujours avoir des partenaires dans mon fantasme de mots alors j’espère vous allez profiter de la « ride » que je peux vous offrir au travers de mes mots, anecdotes de vie et autres pensées ridicules.