foule beau

Les différents types de gars féministes

Parlons femme 2 : Les différents types de gars féministes

Précédemment, dans parlons femme

Aujourd’hui, je fais une Sophie Grégoire de moi-même et en l’honneur de ma série d’articles Parlons femme, le deuxième parle de gars.

Des gars cisgenre pour être plus précise. Oui j’exclus les gars trans, mais dans le contexte de l’article, étant donné qu’un homme transgenre n’est pas avantagé par la société, l’inclure ne marcherait juste pas.

Quelque chose de cool dans le mouvement féministe, c’est que c’est rendu assez gros et pertinent pour que plein de gars décident de se déclarer ouvertement féministe! Personnellement je suis pour la mixité du mouvement et généralement plutôt contre les événements non-mixtes parce que guess what, 50,4% de la population mondiale s’en va nulle part faque on peut pas juste les rejeter ou les ignorer, même s’ils gossent. Donc j’ai pas de problèmes avec les gars féministes, parce tant qu’à être pognée avec tous ces gars, aussi bien les utiliser.

Cela dit…

Parfois, nos camarades mâles de lutte peuvent être un peu, euh, à côté de la track. Et après un certain temps à fréquenter des milieux féministes inclusifs avec des garçons, tu finis par pouvoir tracer des genres de catégories plus ou moins glorieuses. Voici donc pour vous, en exclusivité, les différents types de gars *féministes* selon la Chandram. Cette liste n’est pas exhaustive et si vous connaissez d’autres catégories, gênez-vous pas de m’en faire part! Sans plus tarder :

  1. Le Broministe

Le broministe va se dire féministe mais c’est des fakes news et il faut s’en méfier. Il est féministe de nom seulement, parce qu’il s’est auto-proclamé féministe. C’est même écrit sur son profil Tinder qu’il est féministe, c’est dire à quel point il est sérieux dans ses efforts envers l’égalité homme-femme. Le broministe moyen ne fait aucun effort actif pour des revendications féministes actuelles. S’il avait à choisir une revendication féministe, ce serait probablement #freethenipple. Mais pas tous les nipples quand même, juste les p’tits sur des beaux seins fermes. Les autres mamelons peuvent rester enfermés. Le broministe parle des filles ou femmes qu’il ne connaît en les appelant des chix ou des p’tites. En fait, le broministe a réalisé que les chix se déclarant féministes pouvaient être quand même chaudes et que c’était une bonne stratégie pour se pogner d’la p’tite que d’infiltrer le mouvement et de dire qu’ils sont eux-mêmes féministes. Mais la femme est encore pour eux surtout un objet de désir, sans d’autre valeur. Le moment le plus féministe de sa vie fut quand, à la suite d’un scandale sexuel assez répugnant, il a publié un statut se dissociant du violeur en disant ces sages paroles : #notallmen.

Son défaut le plus agaçant : Son existence overall est agaçante.

On peut retrouver le broministe : dans un party géré par une asso étudiante, en train de s’immiscer dans une conversation de jolies filles qui n’ont que faire de lui

  1. Le starministe

Le starministe n’est certes pas aussi vil que le broministe et peut même parfois se rendre utile. Tsé, il veut vraiment l’égalité homme-femme et s’il lit la liste, il trouve que je suis pas fine avec lui lala. Le problème, c’est que ce que ce qu’un starministe aime encore plus qu’être un militant féministe, c’est son image de parfait militant féministe et l’attention que ça peut lui apporter. Pis l’affaire, quand tu veux constamment être sous les projecteurs, c’est que tu en viens à pu voir grand-chose et tu ne réalises pas quand il serait temps que tu fermes ta gueule.

Voyez-vous, le starministe a de la misère à réaliser (ou se butte à ignorer) que ce qui est encore mieux que de parler au nom des femmes, c’est de laisser des vraies femmes parler. Mais avouons-le, la société adoreeee les starministes alors pourquoi se retireraient-ils de l’espace qu’ils occupent? Lorsqu’un starministe un peu connu fait une sortie publique pour défendre ses comparses malmenées, les médias traditionnels se peuvent pu et le canonise sur le champ. Comme si, pour une frange de la société bien-pensante, ce qui est encore mieux qu’une lutte pour l’égalité, c’est quand cette lutte est approuvée par un homme bien en vue. Le starministe trouve par ailleurs que la page Décider entre hommes est pas fair bin bin avec lui.

Son défaut le plus agaçant : Lorsqu’il s’évertue à dire qu’il comprend des situations qu’il ne peut pas, du fait de sa nature avantagée par les normes sociétales, comprendre.

On peut retrouver le starministe : À la tête du gouvernment canadien, notamment.

  1. Le philosoministe

Le philosoministe a vu sa vie être transformée à jamais par son philo 1 au cégep. Il ne s’en est jamais remis, le pauvre. Il étudie ou a sérieusement déjà considéré étudier la philo ou la socio. Il a aussi déjà utilisé sans ironie l’expression « avocat du diable » en parlant de lui-même. Outre ce moment embarrassant dans sa vie, le philosoministe n’est pas aussi infâme que le broministe et tend à être plus réservé en public que le starministe.

L’affaire avec le philosoministe c’est que selon lui, il connaît plus le mouvement féministe que toi et il est toujours très tenté, s’il ne le fait pas déjà, de te mansplainer à ce sujet. Je suis bien contente qu’il aille déjà lu Simone de Beauvoir, mais j’pense je comprends assez bien les difficultés venant avec le fait d’avoir un vagin sans avoir à me le faire expliquer par quelqu’un ne possédant pas ledit vagin, merci bien. Le philosoministe a aussi souvent de la misère à admettre que la philo un sérieux problème de sous-représentation de femmes et que la plupart de ses têtes d’affiches des siècles passés étaient de sérieux misogynes. En tout cas, j’dis ça, j’dis rien.

Son défaut le plus agaçant : Le philosoministe adore débattre alors il risque de m’envoyer un message comme quoi j’comprends dont rien pi yé pas de même pour vrai là

On peut trouver le philosoministe : Dans un bistro-discussion au nouveau bar underground cool de la ville, en train d’avoir une discussion animée avec le starministe

  1. L’opportuministe

L’opportuministe a une cause encore plus grande et plus importante que le féminisme à faire avancer, mais ça l’aiderait dans sa croisade d’avoir l’aval des féministes. Ce qui est drôle avec l’opportuministe, c’est qu’il hait les autres opportuministe qui ont un cheval de bataille différent du sien et ne voit pas qu’ils ne sont pas bien différents au fond. Il peut être un anarchiste, un communiste, un membre d’un parti politique, voire d’un groupe religieux. Je dois reconnaître qu’il tend cependant toujours plus vers la gauche que vers la droite, mais hey, on sait jamais, un jour je vais peut-être rencontrer un opportuministe caquiste.

L’opportuministe est convaincu que, de facto, ce pourquoi il se bat aidera les femmes. Dépendamment de sa cause, je peux être d’accord avec lui ou me demander quelle espèce de gymnastique mentale il peut bien faire pour penser qu’il est féministe.

Enfin, en général, j’aime son enthousiasme et son optimisme, mais sa capacité phénoménale à ramener toute discussion à son idéologie aurait aussi fait de lui un excellent vendeur à commission.

Son défaut le plus agaçant : Son zèle est assez next level d’habitude

On peut trouver l’opportuministe : Dans un rassemblement organisé par n’importe quelle organisation politique de gauche.

  1. Le féministe parfait

Il faut comprendre une chose du féministe parfait. C’est un idéal auquel aspirer, mais c’est pas un vrai gars. C’est une fonction inverse (allô math forte de secondaire 5). Tu peux t’en rapprocher, pis être vraiment proche, pis être vraiment cool, pis je peux tomber en amour avec toi tellement t’es cool, pis vouloir te marier, mais tu ne rendras jamais tout à fait au statut du féministe parfait. Parce que l’humain est faillible et se débarrasser du conditionnement de la société est vraiment plus facilement dit que fait. Mais c’est pas parce qu’il n’y a pas de parfait féministe gars qu’en tant que gars, tu peux pas tenter de t’en rapprocher le plus possible. Y’a toujours quelque chose de plus à faire pour t’améliorer! Assume tes torts du passé, apprends de tes erreurs, écoute celles qui n’ont pas de voix, apporte tes ressources et tes connaissances lorsque nécessaire, pertinent et souhaité. Sans être parfait, tu peux être pas pire!

Son défaut le plus agaçant : Être une utopie et ne pas exister dans la vraie vie

On peut trouver le féministe parfait : Nulle part.

Enfin, à ceux qui vont me dire que je fais de la généralisation abusive… Vous avez raison!

Au bout du compte, bien que je ne sois pas contre la mixité, je ne pense pas que les hommes sont absolument nécessaires dans un groupe féministe. Surtout si dans ton groupe féministe tu te ramasses pognée avec deux broministes et un starministes, t’es p’têt mieux pas de gars, en effet.

Je suis aussi au courant qu’en tant que jeune femme blanche de banlieue, je ne suis clairement pas la personne la plus désavantagée de la société. Je fais de mon mieux pour apprendre des erreurs de mes copains les gars féministes pour aider les groupes plus discriminés que le mien, que ce soit les minorités ethniques, sexuelles ou religieuses. Il m’est déjà arrivé d’avoir des comportements vaguement starministes ou philosoministes envers d’autres groupes, je l’avoue et je m’en excuse. Si vous lisez ceci et vous pensez que je m’imagine avoir le haut du pavé moral, oh criss non, je suis une grosse merde comme tout le monde. Mais j’ai une voix. Une grande gueule, si vous préférez. Puis, comme j’ai dit dans la partie un, j’ai la formidable capacité de m’indigner de plusieurs choses en même temps!

Partie 3 demain!

xoxo

La Chandram

 

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C'est très féministe un inukshuk on va dire.

Parlons femme (partie 1)

Parlons femme partie 1 : Chandram ado

Dans la vraie vie, je suis une féministe. Pour certains, une féministe radicale même, mais je pense que les gens qui pensent que je suis radicale dans mes idées sont radicalement en retard sur la vie en 2018.

En tout cas, je vais pas faire un méga long exposé de statistiques et de faits expliquant le pourquoi du comment de la pertinence du féminisme en 2018. Pas pour un blogue que je fais pour le fun et qui ne m’apporte 0$ de salaire. C’est aucunement le fun faire une bibliographie qui a de l’allure. Pour 10$ et quatre gros cafés je vous fais une recherche clean expliquant mes raisons avec faits historiques, statistiques et sources fiables, même pas wikipédia, comme si c’était un vrai travail d’uni (oui j’suis broke à ce point-là). Si quelqu’un est down, contactez-moi pis m’a le faire. Pour 0 dollars je vais vous parler de p’tites anecdotes de ma p’tite vie, être drôle un peu, p’têt vous faire vivre 2-3 émotions, pis c’est tout.

Bref, je suis féministe. Je l’ai pas toujours été et je ne suis pas d’accord qu’être née femme fait de toi une féministe par défaut. Premièrement parce que beaucoup de femmes, dont certaines très célèbres, se dissocient de l’expression, voire des idées du féminisme (oui oui y’a des femmes contre l’égalité homme-femme, ça existe). Ensuite parce que, selon moi, pour se déclarer féministe il faut être plus qu’une observatrice passive. « Qui ne dit rien, consent » est un horrible dicton si on parle de sexe, mais quand on parle d’injustice sociale, c’est quand même un petit peu vrai. Donc on peut pas dire que j’ai été féministe toute ma vie, parce que durant mon adolescence et le tout début de ma vie d’adulte, le mouvement féministe, meh, j’en avais pas grand-chose à battre.

En fait, à ce moment de ma vie, il n’y a pourtant pas tant d’années, j’avais pas grand-chose à battre de pas mal toute. Sérieux, je ne sais pas ce qui me poussait à aller de l’avant. J’étais très, très vaine. Enfant j’avais des rêves, ado, j’avais des hormones. Je voulais un chum et finir mon secondaire pis c’est pas mal ça. Pour être fair envers Anne ado, j’étais pas mal rejet pendant une partie de mon secondaire alors juste passer au travers des journées infâmes à l’école était bin en masse. Quand tout le monde te méprise, ton premier réflexe c’est pas d’aller brûler ta brassière dehors. Mais ce ne sont que des excuses.

En fait, l’affaire, c’est que j’étais dans cette bonne vieille mentalité de « on n’est tu pas bin au Québec? Hey on se fait pas exciser pis rien là! » Pis comme, c’est pas faux, des femmes dans certains pays l’ont pas mal plus dur que p’tite Chandram de Saint-Jérôme. Même que je l’avais pas pire là, la première fois que je me suis fait agresser sexuellement c’est juste à 19 ans! Hell yeah man, high five tout le monde, je n’ai pas été abusée sexuellement enfant, c’est juste arrivé à l’âge adulte! Idola St-Jean et Thérèse Casgrain sont fières, quand j’irai au ciel on va se faire des margaritas ensemble en se faisant faire nos pédicures par des p’tits chérubins. Bravo Chandram, tu as préservé ton intégrité physique plus longtemps que bin d’autres traînées!

Ça m’a pris un boutte avant de réaliser que je n’avais pas à prendre mon rang dans la file des injustices. Bin oui cibole, c’est pire se faire torturer pendant trois semaines et subséquemment assassiner que de se faire agresser sexuellement comme je l’ai été.  Cela dit, bien que pour les gens déjà convaincus de la pertinence du mouvement féministe* je n’apprenne rien, pour les autres, grosse nouvelle : Une injustice ne peut pas servir à en justifier une autre.

En plus, ce que je croyais ado, soit cette logique qu’on n’a pas à chialer en tant que femme ici parce que la situation est dont pire quand on sort de l’occident, c’est quand même sexiste en criss…

Suivant cette logique, je suppose qu’en tant que bonne femme je peux juste m’indigner d’une chose à la fois. Genre, je dois choisir être fâchée entre l’écart salarial entre hommes et femmes OU le harcèlement de rue. Pas les deux, seigneur jésus! Si je m’indigne contre les deux je suis une hystérique qui chiale pour toute pis qui est pas reconnaissante de ce qu’elle a pis qui devrait fermer sa gueule. Si je suis pas contente, j’ai juste à déménager en Arabie Saoudite pis constater à quel point j’suis bin icitte, dans mon beau QUÉBEC LIBRE** (quoique live j’suis à Terre-Neuve).

Donc oui, je peux être scandalisée que les mutilations génitales sont encore une réalité courante dans certaines parties du monde ET trouver que certains scénarios de genre dégradants pour la femme encore présents en occident sont eux aussi inacceptables. C’est pas pile ou face, simonak.

Je sais que mon lectorat tend à être libéral***, parce qu’il est tout petit et je connais la plupart de mes lecteurs dans la vraie vie, donc ils risquent de lire et être genre « kk mais on le savait là que l’égalité homme-femme c’était important, reparle de tes fails de dates à place, c’était drôle ça. » L’affaire, c’est que y’a pas tant d’années que ça, j’avais vraiment cette mentalité antiféministe moi-même. J’étais pas trash comme quelqu’un qui commente les articles du JdeM ou de n’importe quel média Québécor, mais malgré le fait que j’étais plus posée et cute, avant d’apprendre autre chose au fil de différentes rencontres majeures dans ma vie d’après-secondaire, mon opinion pouvait parfois être autant trash. Hey, c’est ce que j’ai appris de la société m’entourant. Fine j’ai grandi à St-Jérôme vous pouvez faire vos jokes. Ceci on est une gang à avoir grandi dans des p’tites villes ouvrières pas tant ouvertes sur le monde. Ma mentalité d’ado de St-Jé beach est encore bien présente dans bien des foyers. C’est bon pour l’ego de prêcher à des convertis mais c’est pas de même qu’on fait du changement. Je conclus donc ma partie un de Parlons femme par de la p’tite sagesse chandramesque :

« Soit patient-e avec ton mononcle/cousin/ami d’enfance avec qui tu sais pas trop pour quoi tu te tiens encore avec. Une discussion sur les inégalités sociales, c’est pas supposé être facile et plaisant. Tu es supposé-e vouloir noyer la personne avec qui tu parles, de temps à autre (juste vouloir). Si toutes tes discussions sur le féminisme/le racisme/l’homophobie etc. sont dont plaisantes et douces, c’est que tu ne parles pas aux bonnes personnes et tu te confortes dans ton ego. Prends un break de ta bière de micro, pis vas te pogner une bud avec quelqu’un de ton entourage qui a des opinions problématiques. »

Il va sans dire que si tu essaies de convaincre quelqu’un des bienfaits du féminisme, c’est toujours une bonne idée de lui envoyer un lien vers cet article de moi! Je suis une grosse opportuniste sale et je vais prendre tous les lecteurs. Même les lecteurs avec une casquette vissée à leurs têtes qui portent une chaîne laitte dans le cou et qui conduisent une civic!

Xoxo

La Chandram.

*Et pas mal de n’importe quel mouvement social ever

**LOL

***pas dans le sens du parti politique, eux y lisent juste les éditoriaux de La Presse pis sont tristes qu’André Pratte soit rendu sénateur et ne puisse plus écrire.

Célibat et romance à la terre-neuvienne (partie 2)

Désolée, j’ai procrastiné et ensuite je me suis essayée au prix du récit Radio-Canada. Advienne que pourra avec ça. Je ne sais pas si mes textes de concours sont meilleurs ou pires avec la pression de performance. En tout cas c’était toute une expérience à écrire. Ça relate trop un moment étrange et peu glorieux de ma vie et c’est tout ce que vous allez savoir là-dessus pour le moment. Ce texte-ci a aussi des moments étranges et peu glorieux.

Après avoir parlé des pick-up et ski-doos, nous voilà maintenant rendus aux vraies dates vraiment arrivées (ou pas, car certaines histoires n’ont pas abouties en date).

  1. Le Terre-Neuvien de Malaisie

Memorial University, MUN pour les intimes est l’université la moins chère au Canada pour les étudiants étrangers. Ça fait en sorte que beaucoup de Terre-Neuviens ne sont pas, en réalité, des Terre-Neuviens, mais plutôt des Indiens, Africains, ou dans ce cas-ci, Malaisien. Mais comme ils font partie de la réalité du dating game à Terre-Neuve, c’est correct de les inclure. Nous sommes une société accueillante après tout. Quoique, je suis pas mal sûre que ce gars-là préférerait ne pas être accueilli sur cette liste.

« J. » avait 20 ans. Ses photos Tinder étaient pas pires dans son style. C’était un svelte asiatique aux longs cheveux avec une mâchoire ciselée. Un beau matin où je me trouvais à Terre-Neuve en quête d’une activité amusante, j’ai décidé de lui demander s’il voulait aller à une date. On est allés se promener et prendre une bière. J. étudiait l’ingénierie et riait de mes blagues, so far so good. Il a payé pour moi, quelque chose auquel je suis idéologiquement opposée mais trop pauvre pour m’opposer dans la vraie vie. On est allés marcher alentour du port et il m’a embrassé sur le bord de l’eau. Romantique AF. Je suis rentrée chez lui et j’ai dormi dans son lit. Je n’étais pas certaine de vouloir baiser et il n’a pas trop insisté.

J’ai appris le lendemain matin qu’il était vierge et que j’étais la première fille à avoir dormi dans son lit. Oh ok. Assez surprenant mais coudonc. Je ne juge pas ça. Sauf que…

Après deux autres dates, ça semblait un peu off notre affaire et ça devenait clair que j’allais pas le dévierger. J’y ai demandé ce qui n’allait pas et après quelques tergiversations il a fini par me dire : « Je pense que je n’aime pas dater à l’occidentale, ça me met mal à l’aise. »

 

What.

The.

Fuck.

 

De toutes les excuses douteuses pour ne pas me dater, j’ai encore celle-là en travers de la gorge. N’importe quelle situation qui serait extrêmement incorrecte si les rôles sont inversés est, à la base pas correcte. Je ne suis toujours pas sûre de ce que ça veut dire dater à l’occidentale de toute façon… Est-ce ma sexualité débridée de femme blanche? (J’ai à peine touché son pénis) Est-ce le fait que je prenne le lead et l’invite à aller quelque part plutôt que l’inverse? Il a tenté une explication comme quoi il préfèrerait être amie avec une fille avant et éventuellement que l’amitié se transforme en amour. Ok gars mais, de toute évidence CONSIDÉRANT LE FAIT QUE T’ES VIERGE, CETTE SITUATION NE S’EST JAMAIS PRÉSENTÉE DANS TA VRAIE VIE, ANYWAYS. Pis moi aussi j’aimerais ça rencontrer quelqu’un autrement qu’avec Tinder. Mais simonac, j’vis à Terre-Neuve dans un mini village alors à moins que je me mette à dater des phoques, je vais continuer d’utiliser Tinder, ok? Pis fuck off d’essayer de me rendre honteuse d’utiliser Tinder, tu m’as rencontré toi-même via Tinder, idiot. N’essayez pas de le défendre en disant « pauvre ti-malaisien vierge » parce c’est lui qui a fait toutes les premières démarches en but de m’amener dans son lit, moi tout ce que j’ai fait c’est demander s’il voulait me rencontrer dans la vraie vie. Anyways, « J. » le malaisien peut aller se faire foutre, littéralement, ça y ferait du bien pis y serait pas autant malaisant (oh mais quel excellent jeu de mots)

 

  1. Le Terre-Neuvien qui m’a bloquée

 

Alors « A. » c’est un vrai Terre-Neuvien qui venait de Clarenville (foule deep down Terre-Neuve). Barista (cool), Tattoos (pas mon truc, mais cool aussi), cute sourire (très cool). Même chose que l’autre idiot, je suis à St-John’s, je l’invite à une date parce que pourquoi pas, dans la vie je persiste à croire qu’il faut aller chercher ce qu’on veut et j’étais pas mal décidée que je le voulais.

Enfin… La date s’est étrangement très bien déroulée. Le gars est super chouette, cool mais un peu awkward, un bon mélange parce que si le gars est trop cool ça me stresse vraiment trop. Tu dois pouvoir être aussi cool que ton partenaire dans la vie et s’il était trop cool j’aurais l’air idiote. Enfin, la date finit, on ne s’embrasse pas parce que d’un côté je n’ai jamais été bonne pour aborder les premiers baisers et de l’autre, je suis pas mal sûre que lui non plus (comme je vous dis, il était cool mais un peu awkward). Enfin, il me dit de passer à son café, qu’il me ferait un foule bon latté, on jase sur facebook un peu. Je prends alors la décision, comme je l’aime bien et que je le trouve vraiment cool, de lui dire la vérité : « Écoute… moi je ne me cherche pas un chum ou un mari ici, c’est stupide, je repars dans trois mois. Mais j’te trouve nice pi j’aimerais vraiment qu’on soit amis, parce j’aimerais avoir plus d’amis que j’aimerais aller voir à Terre-Neuve quand je vais y retourner»

 

Y répond pas pendant une semaine.

 

Oh ok il m’a ghostée, va chier, je ne m’y attendais pas mais c’est la vie et je suis mieux sans lâches dans ma vie de toute façon. Mais une semaine plus tard, il m’écrit sur fb « Oh pas de problème ne t’inquiète pas ». Ah cool il m’a pas ghostée, je vais répondre et checker s’il veut faire de quoi!

 

Sauf que je peux pas répondre… Parce que « A. » m’a BLOQUÉE MAUDIT

 

Et, de ce fait je ne peux plus le contacter. Là je sais que certains d’entre vous vont penser que je l’ai harcelée, que voyons donc pourquoi il m’aurait bloquée après une semaine de silence radio si j’avais pas fait quelque chose d’immensément étrange et inquiétant. Sauf que… non? Je ne lui ai pas réécrit après mon message lui proposant la voie de l’amitié. Ça ne voulait pas dire pas de sexe en plus, j’ai déjà couché avec certains de mes amis, ça se fait. Et j’hais me faire ghoster mais je comprends ce que ça veut dire alors je n’insiste pas. Mais de se faire bloquer après une semaine de silence radio, euhhh pourquoi ???

 

Je serais curieuse d’entendre sa version des faits.

 

En tout cas, ce qui me fait le plus chier de cette histoire c’est que maintenant je suis trop mal à l’aise de retourner au café où il travaille. Et j’aimais bien ce café alors je suis très fâchée contre lui. Mais ce gars-là me semble secrètement paranoïaque alors j’ai peur qu’il pense que je le suis si je vais me chercher un café et que j’aille à parler à la police (p’têt moi aussi je suis paranoïaque, quelle beau couple nous faisons)

 

La morale de cette histoire est de ne pas dater des gars qui travaillent à des endroits où tu aimes aller. Parce que si le gars s’avère être un méchant weirdo paranoiaque, c’est pu cool après aller là. « A. » pourquoi tu pouvais juste pas être un trou de cul normal?

 

  1. Le gars qui m’a chokée trois fois

 

Ok celle-là, je l’avoue, c’est de ma faute. J’aurais jamais dû y laisser trois chances, c’est la pire idée au monde. Aucun gars mérite trois chances, aussi beau soit-il. To be fair, il était très beau. Il n’y a pas grand-chose à dire sur « D. »… C’est un gars de plein air barbu. Le genre de gars que tu t’imagines qu’il pourrait aller te sauver si tu étais attaquée par des loups. Comme la bête dans la Belle et la Bête mais en plus sexy et moins bestial. Pis c’était un roux. Moi les roux, c’est toujours un solide +1. Y’a quelque chose d’irrésistible avec ce p’tit gène récessif là. Bref, c’est pour ça que j’y ai laissé trois chances. Il a choke la première fois parce on était supposés se voir le matin (son idée) et il a trop dormi suite à un party la veille. Ça arrive. Je suis un peu mad, mais aller à une date avec un déchet hangover ça ne me tente pas tant non plus. Mais il veut qu’on se reprenne le lendemain matin, il insiste. Ok, il a l’air de se sentir coupable, pourquoi pas? Le seul truc c’est que ce matin-là je voulais aller voir le lever du soleil sur l’océan. Que voulez-vous je suis touriste des fois, même six mois après être pognée sur cette damnée île. J’insiste sur le fait qu’il n’est vraiment pas obligé de venir avec moi, qu’on peut se voir après, mais que j’allais me rendre au point de vue dans tous les cas. Il insiste pour venir et propose de venir me prendre en voiture pour qu’on s’y rende au chaud. Ok. Mais ÉVIDEMMENT il ne s’est pas pointé et j’ai manqué mon lever du soleil en l’attendant. J’en ai pleuré comme une damnée. Pas à cause de « D. » on s’en crisse de lui aussi sexy soit-il. Mais j’étais tellement fâchée contre moi-même d’avoir attendu un idiot poilu au lieu de faire ce que je voulais vraiment faire, soit aller voir mon lever du soleil. En plus je suis aucunement matinale, j’hais me lever avant 9h, chaque cellule de mon corps tente de me retenir dans mon lit et il me faut une méchante bonne raison pour le faire. GENRE UN LEVER DU SOLEIL. Mais je l’ai même pas eu, mon lever. Je l’ai vu de loin, caché par des immeubles et une montagne que je devais monter à l’aube. Donc même chose, le gars se sent mal, s’excuse. J’y dis qu’il me doit un soleil alors je sais pas comment il a l’intention de me rembourser un soleil complet. Il me propose qu’on aille faire de la rando et qu’il me fasse un déjeuner sur le sentier. Le plan est intéressant, je suis presque vendue, si ce n’est que, comme de fait, le plan n’aura en réalité jamais lieu dans la vraie vie. Damn you « D. » you sexy newfie. Comme quoi les fuckboys ne portent pas toujours des casquettes et des vêtements griffés, certains sont barbus et ont traversé Terre-Neuve en vélo. (criss yé encore sexy le sacrament). Mais je mérite mieux

 

Bref, suite à tous ces échecs, je devrais peut-être franchir le 40 km qui me sépare de la ville de Dildo plus souvent au lieu de tenter de rencontrer des Terre-Neuviens. Clairement je suis incapable de dater à la terre-neuvienne. Ça ou j’ai pas fait un chin comme il faut et je purge mon sept ans de mauvais sexe/juste pas de sexe du tout.

Je suis pas sûre de comment finir l’article ou de trouver une morale à cette histoire. Tinder c’est de la marde? La date c’est de la marde? Les terre-neuviens sont de terribles amants?

Dans tous les cas je m’ennuie un peu des Québécois. Ils ont leurs propres manies et ils sont sans doute autant idiots que tous les hommes du Canada mais je suis plus habituée à leurs bizarreries et ils m’ont jamais mise dans des situations autant malaisantes que mes trois terre-neuviens.

xoxo

La Chandram

Célibat et romance à la terre-neuvienne (partie 1)

*Cet article s’adresse sans doute aussi au Canada anglais au grand complet moyennant certaines exceptions

Voici venu… Mon article le plus Narcity jamais écrit… pour célébrer cet événement de Chandram qui devient full trop lifestyle #lifestyleblogger, je vais écrire deux articles sur le sujet, parce qu’il y a trop de choses à dire sur les porteurs de phallus terre-neuviens s’identifiant au sexe masculin.

Ceux qui me connaissent *dans la vraie vie* sont au courant que je suis célibataire depuis un million d’années (4 ans). Ça fait tellement longtemps que j’ai dû changer les paramètres de mon Tinder parce qu’ils ne correspondaient plus du tout à la tranche d’âge dans laquelle j’étais prête d’aller piger pour trouver le nouveau Monsieur Chandram.

Dans l’avion pour me rendre à Terre-Neuve, un sympathique monsieur dans la cinquantaine était assis à côté de moi et m’a partagé cette prophétie « You’re gonna find yourself a nice newfie man and never leave the island »

chandrampecheur

Chandram qui songe à son mari terre-neuvien pêcheur, 2018, Anonyme, (l’artiste m’a demandé de ne pas la citer parce qu’elle trouvait son dessin vraiment trop laitte mais moi je le trouve bin correct)

Je vais pas mentir, j’étais pas contre l’idée… Je n’étais pas encore atterrie à St-John’s et j’avais encore cette idée extrêmement romantique d’être la nouvelle ingénue arrivant dans une région magnifique et peu habitée, rencontrer le pêcheur du village qui a une vague ressemblance avec Alexander Skarsgård, mais comme, quelques coches moins beau parce que soyons honnêtes, Alexander Skarsgård est sérieusement en haut de ma catégorie de gars que je peux me pogner, même dans mes fantasmes. Ça brise la magie si le gars est trop beau. Donc, pour le bien de la cause, disons Alexander Skarsgård avec 20 livres de trop sur son corps parfait de statue grecque, avec sa peau d’albâtre un peu maganée parce il aurait eu de l’acné à l’adolescence.

Bref, on se serait rencontrés alors que je me serais perdue pour une raison quelconque dans un village où il y a seulement quatre commerces et il m’aurait raccompagné au mignon cottage en brique de style victorien où j’allais habiter (j’habite dans un immeuble blanc en latte de vinyle).

On accélère le reste du film… Alexander Skarsgård a un terrible secret… au bout du compte il croyait me sauver mais c’est moi qui le sauve de ses démons… on se marie etc.

C’est un long fantasme mais c’était un long vol.

Cinq mois plus tard, je n’ai toujours pas trouvé mon beau pêcheur. En fait l’industrie de la pêche ne va pas bien du tout, donc même si mon beau pêcheur existait, il travaille maintenant sûrement dans une plateforme de pétrole off-shore ou sur le chantier du barrage de Muskrat Falls au Labrador même si c’est moyen populaire comme idée d’aller travailler là alors il y a peu de chances que je le croise.

Fidèle à mes habitudes de vieille fille, j’ai donc activé mon Tinder, mais, Terre-Neuve et vie de région obligent, j’ai dû mettre le rayon de recherche à 50 km.

Comme j’ai dit dans mon article de lançage de roches, tu veux pas insulter les Terre-Neuviens, t’es sur une île, ils sont plus nombreux que toi et c’est quand même une méchante trotte à la nage pour retourner sur les côtes du continent.

Cela dit…. le Terre-Neuvien moyen sur Tinder est un tantinet moins romantique que celui dans mon roman de Nicholas Sparks imaginaire…

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Case in point…

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Second case in point…

BREF, bien qu’il soit rassurant de savoir que mon éventuelle tindate peut faire des wheelings sur sa motoneige et qu’il y aura toujours une possibilité de lui demander de déménager un frigo dans son pick-up, je ne suis pas convaincue qu’un gars qui tente de séduire des filles en ligne en mettant des photos de F-350 (j’ai dû le googler je ne connais rien en chars) sur Tinder, puisse conquérir mon cœur, MÊME s’il fait un wheeling AVEC son pick-up.

Les gens qui vont me dire « Arrête de juger les gens sur leurs apparences, c’est pas parce qu’un gars conduit un pick-up que c’est un idiot » n’ont sans doute jamais utilisé Tinder plus qu’une semaine. Ou conduisent un pick-up. Le but de Tinder, C’EST de juger sur les apparences et si ça se trouve, les gens y sont plus authentiques parce qu’ils s’assument comme jugeant les autres sur leur apparence, ce que tout le monde fait, anyways.

Qu’est-ce qu’ils essaient de dire avec leurs photos de pick-up de toute façon? T’aurais pu le dire que t’aimes les chars dans ta description, j’aurais compris. Ou une photo de toi qui gosse sur ton char, ç’aurait déjà été mieux. J’imagine que tu trouves que le pick-up est plus beau que ton visage et c’est pour ça que tu le priorises. C’est probablement vrai, puisque les gars qui mettent des photos de pick-up ont souvent l’air vaguement cosanguins. Cependant, le fait de mettre une photo de ton pick-up géant veut surtout dire pour moi « Je pense que je suis laid et je n’ai pas confiance en moi » et c’est encore plus laid qu’un gars juste laid. J’ai couché avec des gars laids. Ça marche de la même manière qu’avec un beau gars, je vous le jure. Mais les gars laids avec qui j’ai couché avaient confiance en eux, ce qui les rendaient bizarrement sexys.

En tout cas, je vais le dire en anglais au cas où un Terre-Neuvien* essaierait de lire et pourrait m’expliquer le concept: « Why the fuck do you think showing your tiny-dick syndrome’s pick-up will help you get laid? »

Quant aux gars qui font des wheelings avec leurs motoneiges, je reconnais que c’est plus impressionnant qu’un esti de pick-up stationné, cependant c’est probablement dangereux, stupide et aucunement bon pour l’engin et un gars qui tient autant peu à sa vie n’est généralement pas le genre à mettre un condom. C’est donc un non pour moi.

Mais… j’ai tout de même été à quelques dates (rencards pour mes 3 lectrices françaises) à Terre-Neuve. J’ai même déjà embrassé des Terre-Neuviens… Certaines dates venaient même de Tinder! Le charme rugueux de la Roche (les Terre-Neuviens surnomment l’île The Rock) a t-il définitivement fait effet, malgré ma désillusion de ne pas être dans un roman de Nicholas Sparks? La réponse dans le prochain article: Rendez-vous galant à la terre-neuvienne (partie 2) à paraître bientôt! 1105 mots c’est bin déjà bin trop pour un article alors à plus!

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Chandram, La

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*J’ai vu beaucoup de photos de pick-up au Québec aussi, le problème est généralisé. Cependant, il est bon de savoir que de recueillir ma collection de photos de pick-up ou motoneige sur tinder m’a pris environ 10 minutes, et j’en ai d’autre dans mon cell qui ne fittaient pas dans le photomontage.

L’isolement terre-neuvien

Connaissez-vous la chanson « Les murs de poussière » de Francis Cabrel? C’est l’histoire d’un gars qui rêvait d’une ville étrangère, parce qu’il voulait trouver mieux que son lopin de terre et son vieil arbre tordu au milieu. Bref, pour faire une histoire courte, il ne trouve pas mieux, il rentre chez lui et se brûle les yeux. J’ai par ailleurs toujours trouvé que c’était une finale fort étrange que le type se brûle les yeux à la fin de l’histoire et si quelqu’un peut m’expliquer si c’est une allégorie ou pourquoi il se brûle vraiment les yeux, j’apprécierait beaucoup. Mais passons.

Quand t’es à 2 534 km de route des personnes que tu voudrais serrer dans tes bras, avec 33h heures en char sans arrêt, plus un traversier, dans une « ville étrangère » (ok c’est clairement un village mais pour les Terre-Neuviens, c’est une ville alors whatev), pi que t’es partie parce que, quelque part, dans les grands espaces canadiens, tu voulais trouver mieux que ta banlieue de Montréal où t’as grandi, ben Francis Cabrel y te fait ressentir des émotions en esti dans ton petit cœur de Québécoise expatriée. Même si Francis Cabrel est Français et que Les murs de poussière ne parle certainement pas de Saint-Jérôme, P.Q.

Francis Cabrel me fait vivre autant d’émotions parce, faire le programme Odyssée, ou n’importe quel travail nécessitant d’être expatrié-e en région éloignée, ça fait vivre de l’isolement comme je n’en n’avais jamais vécu dans ma vie.

Ça me faisait pas peur, l’isolement. En tant qu’introvertie appréciant les marches en solitaire et les bons romans près du foyer, aller vivre dans une petite communauté près de la mer, ça semblait être un plan idéal, même jouissif. Par moment ce l’est vraiment.

Puis, souvent à cause d’instagram de marde, qui est sans doute l’invention la plus masochiste jamais inventée (suivez le blogue sur instagram –­­> @lachandram svp) je vais voir une photo anodine. Des anciennes connaissances de l’uni qui ont été boire un verre ensemble par exemple, une amie qui prend une photo avec une personne que je ne connais pas. Et je vais être submergée d’une jalousie tellement puissante qu’elle m’en rend mal physiquement.

C’est difficile à décrire comme sentiment. C’est un peu comme lorsqu’on devient extrêmement irritable à cause qu’on est affamé ou épuisé. J’ai faim de relation sociale, de chaleur humaine. Une faim qui me dévore de l’intérieur et qui me cloue devant mon écran, impuissante face à mon désarroi d’être seule ici.

Lorsque le sentiment devient insoutenable, je prends mon téléphone et j’attends. Quitte à avoir le real deal, une voix familière au téléphone peut à tout le moins me servir d’ersatz et me rendre le cœur plein, pour un moment. Mais qu’est-ce qu’un bête appel dans cette période de réseaux sociaux et de messagerie instantanée, pour ceux qui sont déjà près des siens?

Bon nombre ne répondent pas, me laissant avec mon cœur affamé. Parfois ils ne peuvent pas, parfois c’est par paresse, et j’ai dû me rendre à l’évidence que pour certains, ils n’en n’ont rien à battre. Que puis-je y faire? Une amitié ne vaut pas plus que ce que l’autre ou soi-même choisit d’y accorder.

Ne reste que ceux qui décrochent et dont j’entends la voix au bout du fil. Ce n’est pas toujours ceux qu’on pense, et être à 2 534 km d’un ami-e peut t’en apprendre autant sur sa personne qu’en passant tes soirées avec.

Enfin, ce texte n’a pas pour but de juger les personnes loin de moi ou de les blâmer pour mes déboires terre-neuviens.

Non, ce que je retiens de mon expérience d’isolement, ce ne sons pas les déceptions sociales, mais plutôt la beauté du contact humain. Ayant été victime d’intimidation au secondaire et, six ans après avoir gradué et terminé cette expérience désagréables*, je gardais une méfiance des autres qui était tant qu’à moi bien fondée. Mais, le contact humain, aussi pénible peut-il être par moment, est magnifique et je sous-estimais son importance.

Bon, le texte va finir de même, il est 1h15 du matin et le texte est sans doute aussi cucul pour cette raison. On devient tous plus quétaines passés minuit. J’aurais pu attendre et le retravailler demain, mais je voulais poster quelque chose ce soir, alors comme ils disaient dans mon temps #yolo, tant pis pour le paragraphe de conclusion.

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Chandram, La

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*On peut apprécier l’ironie que je travaille présentement dans une école secondaire.

 

Lancer des roches et autres terre-neuveries

Donc voilà, apparemment j’écris sur mon blogue à tous les 9 mois avant de l’abandonner pour encore 9 mois. C’est comme quand je joue aux Sims dans le fond.

C'est un beau selfie dans mon beau k-way rose

La Chandram, qui s’apprête à aller lancer des gros galets dans l’eau

La dernière fois que j’ai écrit sur ce blogue, je vivais dans le sous-sol de mes parents, suite à une sortie dramatique de mon bacc en droit. Aujourd’hui, je ne suis plus dans un sous-sol, je suis dans le rez-de-chaussé d’un immeuble à Holyrood, Terre-Neuve, dans une chambre. Je fais le programme Odyssée, qui, en gros, est le summum du multi-culturalisme canadien à la P-E Trudeau. Ma job, dans une école secondaire terre-neuvienne est de partager la culture franco-canadienne et d’inciter les jeunes à apprendre le français au travers d’activités amusantes et éducatives. C’est pas trop clair comme description et c’est pas trop clair ce que je suis supposée faire puisque ça change d’école en école. Mais vu que la population francophone est quasi-inexistante à Terre-Neuve, le simple fait de démontrer aux jeunes que des vraies personnes parlent vraiment français au Canada les impressionne déjà beaucoup. Enfin… éventuellement je vous parlerai de la job, dans laquelle euh, je n’excelle pas toujours (oups) mais aujourd’hui, parlons de Terre-Neuve et de Holyrood.

Ça fait déjà un boutte que je suis ici et j’en ai encore pour un boutte alors je dois faire attention à ce que je dis, parce que certains Terre-Neuviens, bien qu’anglophones de naissance, comprennent assez bien le français, comme le directeur de mon école et la prof de français avec qui je travaille (Si vous lisez ça, salut vous deux!). Ça ne devrait pas être trop pire parce que je n’ai pas trop de choses négatives à dire, mais tu ne veux pas te mettre l’île où tu vis à dos, parce que c’est une île et l’eau est très froide pour nager jusqu’au continent s’ils sont fâchés contre toi.

Donc Terre-Neuve, c’est magnifique mais… euh… peu de gens le savent parce que peu de gens vivent là (en particulier en dehors de St-John’s, genre à Holyrood) et peu de gens y vont. Donc les infrastructures sont quelque peu limitées, ce qui rend l’expérience assez chaotique quand tu es une p’tite hipster pas d’auto (mes haters vont dire que j’ai pas de permis non plus) comme moi. Je vis à 35 km de St-John’s, la capitale et il n’y a aucun moyen de s’y rendre, mis à part faire du pouce ou supplier un collègue de te faire un lift. Ça suce un peu beaucoup parce que j’aime vraiment beaucoup y aller. St-John’s, c’est une ville cool qui ne sait pas qu’elle est cool, alors ça la rend encore plus cool. Mais je ne vis pas à St-John’s, je vis à Holyrood.

Je passe donc le plus clair de mon temps dans mon village à 35 km de St-John’s qui pourrait tout aussi bien être à 350 km de St-John’s et ça ne changerait pas grand-chose pour moi étant donné que je n’ai pas d’auto. Ma vie sociale est anémique dans ce village où je suis peut-être la seule personne dans la tranche d’âge 18-25 ans. Quand je suis en congé, la plus grosse interaction sociale de ma journée est quand la caissière du « convenience store » me dit « have a nice day, my love » et là je me sens toute spéciale parce qu’elle m’a appelée « my love » même si toutes les Terre-Neuviennes appellent littéralement tout le monde « my love » et je trouvais ça bizarre au début, parce que la caissière et moi on n’avait même pas eu une date encore, et dans mon esprit de Québécoise, d’habitude il y a une petite période de fréquentation avant que tu commences à appeler quelqu’un « mon amour ». Les Terrre-Neuviennes, elles, elles ne niaisent pas avec ça.

J’habite à deux minutes de la plage de gros galets où, une fois, j’ai vu des baleines et j’étais bin excitée. J’aime toujours aller à la plage, même si marcher sur des gros galets, ce n’est pas évident et même si l’eau est en permanence assez froide pour te faire faire un arrêt cardiaque si tu te trempes au complet dedans. Mais c’est le fun pareil et j’aime lancer des gros galets dans l’eau et entendre le gros plouf. J’ai sans doute l’air touriste en titi quand je fais ça mais c’est pas grave, après cinq mois je trouve ça encore cool.

Sinon, je vais souvent marcher sur l’ancienne « track » de chemin de fer, mais c’est toujours dangereux parce mes élèves roulent en motocross et en quatre-roues dessus et ils passent toujours proche de m’écraser. Je crois qu’ils ne font pas exprès de toujours passer proche de m’écraser, parce que j’aime penser que les élèves avec qui je travaille m’aiment bien. Cela dit, à Terre-Neuve ou au Québec, un p’tit criss, ça reste un p’tit criss. Et c’est vrai que dans le village, à part rouler en malade en quatre roues ou aller au Subway, il n’y a pas toujours grand chose à faire. Donc j’accepte le risque de mort par quatre-roues conduit par un ti-cul de 14 ans et je vais prendre ma p’tite marche su’a vieille track après avoir lancé mes roches…

Bon, vu que je vais essayer de rendre ce blogue intéressant à nouveau, je vais m’arrêter là pour me garder du bon stock pour d’autres articles et vous laisser en haleine pour de nouvelles aventures de ma vie terre-neuvienne où il ne se passe absolument rien!

J’espère que mes fidèles lecteurs (ma famille et mes quatre amis) seront au rendez-vous pour cette toute nouvelle édition revampée de mon blogue (par revampée, je veux dire: un blogue que j’écris dessus pour de vrai) et que je peux make LaChandram Great Again.

À plus bientôt que d’habitude!

xox

La Chandram

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La Chandram, pourquoi procrastines-tu tous tes projets importants (y compris ton blogue)

Sérieusement pourquoi je fais ça?

Je ne suis pas à l’école, j’adore écrire et pourtant, je n’écris pas pendant un mois. Je pourrais dire que j’étais extrêmement occupée, mais c’est faux, je n’avais presque pas d’heures à mon travail.

Tout ce que j’ai fait du dernier mois, c’est jouer à Civilization V. Pour les non-initiés, le but du jeu est, en gros, de devenir le dictateur le plus puissant de la planète, en soumettant les autres nations à la nation supérieure.

Je prends le jeu un peu trop au sérieux et je suis encore fâchée d’avoir été attaquée en catimini par Attila. J’ai été trahie par les Huns, alors qu’ils ont fait semblant d’être mon amie. Je suis contente qu’Attila ait eu une mort horrible dans la vraie vie.

En tant que tel, j’aime plus écrire que j’aime me faire tomber des bombes nucléaires russes sur ma tête dans un jeu virtuel. Pourtant, ce dernier mois, c’est ce qui est arrivé, ça et dormir.

Voyez-vous, je suis une paresseuse. Pas qu’un peu, je le suis de manière extrême. Si on ne me stoppe pas de dormir, just too bad, je vais dormir pendant 13 heures de suite. Si j’ai du temps je vais même peut-être faire une sieste, pour la forme. Et quand je suis vraiment écœurée de dormir, je vais jouer à Civilization et me battre contre le Brésil. Parce que c’est moins demandant, c’est moins stressant que d’écrire ou que d’aller m’entraîner.

C’est complètement étrange et contre-nature de ne pas poursuivre ses rêves par paresse. Je veux vraiment écrire, je veux vraiment planifier un voyage et pourtant, à chaque fois, malgré le café et la bonne volonté, je retourne glandouiller et attaquer la France.

Des fois, pour me motiver, je vais voir du monde qui ont réussi et je lis leurs trucs à la con. Ils vont dire des choses comme : « Commencez maintenant, allez-y un pas à la fois » et je sais tout ça! Mais lire des phrases de motivations ce n’est qu’une autre forme de procrastination et encore une fois, je me retrouve devant un document word sur lequel je n’écris pas.

Si seulement c’était l’école, je pourrais dire que je procrastine quelque chose de plate, désagréable, que je n’aime pas, mais non, pour quelques guerres contre la Chine et quelque temps sur d’autres blogues, je m’empêche de réaliser mes rêves.

D’un côté, je suis très heureuse que ce ne soit que mon rêve de vie que je procrastine. Comme cela doit être difficile que de devoir perdre du poids, sous peine de mourir dans son gras. Moi la seule conséquence de ma procrastination est que je m’hais un peu et que je suis une looser. Mais je ne suis pas en danger de mort.

Mais bref, même si je suis extrêmement paresseuse, même si j’aime bien bombarder the shit out of tout le monde à Civilization, il est temps que je m’y remette, alors je recommence avec ce petit texte, qui est la justification la plus nulle au monde d’avoir abandonné mon blogue pendant aussi longtemps.

La Chandram, pourquoi tu trippes sur Déroule le rebord?

C’est commencé.

C’est enfin ce moment magique de l’année.

Aujourd’hui, j’ai déjà été au Tim Hortons deux fois. Deux grands cafés. Selon moi j’ai plus de chances de gagner quand je prends des plus grands formats. Demain, j’y retournerai sans doute. Au moins un autre grand café.

À chaque fois, le même rituel. Je le fais présentement, étant encore au Tim Hortons. Un grand café trois laits, un sucre. Tu le laisses tiédir. Tu le sirotes tranquillement. À chaque gorgée, j’imagine ce que je ferais avec une Honda civic. Je n’ai pas de permis alors certainement la vendre. Ou faire mon permis et la garder.

J’aimerais mieux la carte de crédit de 5000$. Plus de chances de la gagner et c’est moins compliqué de penser à ce que je ferais avec. Bonjour le Viet Nam.

Oui, pendant Déroule le rebord, ce n’est pas du café que je bois, c’est du rêve.

Puis, vient le moment ultime. Gosser délicatement avec ses dents pour dérouler le sacro-saint-rebord sans tout arracher. Pas aussi facile qu’on pense, les prix à gagner ne se laissant pas atteindre facilement.

Tu gosses, tu gosses, puis soudain, tu aperçois une lettre. Va-t-elle épeler le mot de la victoire ou bien le désespérant « Réessayez SVP »?

La plupart du temps, c’est la défaite. Il faut tout recommencer le processus du début. Les rêves se sont éteints.

Mais, pendant qu’on boit le café de Déroule le rebord, nous SOMMES gagnants, à chaque gorgée. Tel le chat de Schrödinger, tant que je n’ai pas déroulé le rebord, je suis à la fois gagnante et perdante. Je choisis d’être gagnante et de vivre le rêve quelques instants.

Voyez-vous, je n’achète pas un café Déroule le rebord dans l’espoir de gagner (ok un peu quand même), je l’achète parce que je suis gagnante, tant que je bois le café. Je conduis la Honda civic, j’ai une carte-cadeau de 5000$ et une télé Ultra 4K HD. Je suis la reine du Tim Hortons, couronnée de succès, de timbits et de café.

Je l’avoue, je suis prête à sauter la partie boire le café et passer directement à la poubelle, où d’ignorants clients jettent leurs gobelets magiques. Là par contre, il faut dérouler avec les mains. J’ai tout de même un minimum de sens de l’hygiène.

Souvent, les cafés de poubelles non-déroulés sont encore plus gagnants que les cafés qu’on paie. C’est un phénomène étrange que je classe dans la même catégorie que celui selon lequel la bouffe est meilleure quand elle ne nous appartient pas.

D’ailleurs, la seule fois que le char a été gagné à Saint-Jérôme, c’était un café de poubelle. Une saga légendaire s’il y en a une, qui reste dans les annales de la ville. Googlez cette histoire si vous ne savez pas de quoi je parle.

Bref, la loterie de Déroule le rebord, c’est mieux que la vraie loterie, parce quand tu perds, tu as tout de même un café et si tu as un problème de jeu, tu vas t’en rendre compte plus facilement étant donné que tu vas faire pipi 4000 fois.

En plus, c’est une passion partagée entre à peu près tous les Canadiens, et à part ça et le hockey, y’a pas grand-chose qui unit le pays au complet

La Chandram, pourquoi la haine?

Bonne question

J’ai déjà ressenti la haine, comme tout le monde.

Une fois particulièrement forte où je l’ai ressentie, je venais de me faire arroser par une voiture. J’avais eu de la slush dans mes yeux, dans mes cheveux, dans ma bouche.

Ce n’était pas la première fois que je m’étais fait arroser par un char, mais cette fois-là, je suis rentrée dans une rage noire. J’ai sprinté un bon 500 mètres derrière le char en lui criant après.

Une autre fois, lorsque je me suis fait congédier d’une micro-brasserie où je travaillais parce que, selon le patron, ma personnalité ne correspondait pas à l’image de la compagnie.

J’étais tellement pleine de haine que j’ai imaginé au moins quatorze façons différentes de faire chier mon ancien patron. Je voulais mettre du sucre dans le réservoir de son moteur (paraît que ça scrappe un moteur), crever ses pneus, lâcher des rats dans la micro-brasserie, mettre du laxatif dans la soupe du jour dans l’espoir que ça lui retombe dessus.

Ça me faisait dont du bien de l’imaginer souffrir.

Bien évidemment, je n’ai jamais rattrapé le char arroseur et mis à part chialer, je n’ai jamais rien fait contre mon ancien employeur.

Mais, je comprends la haine.

Ce que je ne comprends juste pas à quel point elle peut s’étendre et se généraliser.

Est-ce mathématique? Si assez de variables sont rencontrées, est-ce que la haine se multiplie jusqu’à l’impensable?

Est-ce aléatoire? Pourquoi certaines personnes, élevées dans des conditions identiques, des jumeaux mêmes, pourront créer d’un côté un terroriste et de l’autre non.

Comment la haine, un sentiment pourtant si personnel et intime, peut se retourner contre un peuple ou une religion entière?

Je ne peux fournir de réponse.

Tout ce que je sais, c’est qu’après m’être fait tremper jusqu’aux os par un chauffeur sans vergogne, j’ai appelé ma mère en pleurant.

C’est qu’après m’être fait sacrer dehors de ma job, je suis rentrée à Saint-Jérôme et j’ai brossé avec des amis qui m’ont réconfortée.

Je sais qu’après chaque acte horrible, les gens se rapprochent, se serrent les coudes et l’espace d’un instant trop court, on peut croire au bien-fondé de l’humanité.

Des millions de livres, de films, de pièces de théâtre nous ont appris depuis longtemps que l’amour est plus fort que la haine.

Pourtant, de nos jours, l’amour semble si éphémère et la haine si tenace qu’il devient facile de classer de telles déclaration dans le registre de la fabulation.

Je ne suis personne et je me trouve pathétique de parler d’amour sur mon petit blogue, pathétique de penser que je peux changer quoi que ce soit dans l’engrenage de la machine horrible dans laquelle nous semblons tous être embarqués depuis maintenant plusieurs années.

Je ne suis personne et pourtant, j’écris cet article en partie pour me déculpabiliser que quelqu’un de mon héritage ait pu blesser l’autre à ce point. J’essaie de me convaincre que je ne suis pas part du problème, que je suis dans les gentils dans l’histoire.

Seulement je n’en suis pas sûre.

Et à tous les Québécois qui furent touchés par l’attentat du 29 janvier, je suis désolée. Au nom de tout mon peuple, qui se devait d’être le vôtre aussi.

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La Chandram, pourquoi as-tu fait une dépression?

Bonne question, surtout pour la journée #causepourlacause. (Allez Bell commandite mon blogue je suis pauvre)

God si je le savais, laissez-moi vous dire que j’en aurais pas fait, de dépression.

C’est pas comme un rhume, c’est pas en te lavant les mains souvent que tu te préviens de l’attraper. À moment donné, tu te réveilles, et tu sais pas trop pourquoi ni comment, ta vie c’est rendu de la marde. De la vraie grosse marde.

Objectivement, devant les yeux de quelqu’un de pas dépressif, ta vie n’est peut-être pas véritablement de la marde. Ta vie est peut même très bien, mais elle ne t’amène plus aucun bonheur.

Comment c’est arrivé? Qui sait, peut-être que c’est à cause de ta job de marde (allô Patrick Lagacé, like mon blogue s’il te plaît), peut-être ton programme d’études te convient 0, peut-ête c’est juste ton cerveau qui s’est mis en mode austérité et qui a coupé dans la sérotonine.

Toujours est-il que sans t’en rendre compte, tout d’un coup, t’as comme plus envie de vivre.

De mon expérience personnelle, c’est comme si la vie n’avait plus de couleur ou de saveur. Tout devient gris. Comme la plupart des gens lors des journées grises, les seules choses qui m’allumaient encore un peu c’était de dormir ou être en boule sur mon divan.

Foutu divan. J’étais en amour avec. Je sortais de mon lit pour avoir l’impression d’avoir fait de quoi de ma journée et j’allais m’échouer sur le divan adoré pour le reste de ladite journée. J’ai tellement passé de temps sur dessus dans la même position que je l’ai déformé. Mon coloc partait le matin et me retrouvait dans la même position. J’me suis demandé si j’allais faire des plaies de lit. Je m’en foutais un peu remarque, mais j’aurais trouvé ça drôle. Genre d’humour noir de personne dépressive, un peu comme quand je m’imaginais qu’on m’annonçait que j’avais le cancer et que je répondais « lol »

Ça met les gens mal à l’aise de parler de dépression, ils ne savent pas comment en parler. Ça peut aller à « suicide-toi pas » à la personne qui se sent forcée de te faire un câlin dont tu n’as pas forcément envie, rendant le tout très malaisant. C’est bien plus simple et plus tentant de ne pas en parler. Personnellement, j’avais si peur de passer pour l’emo de service.

Mais la dépression, c’est embarrassant, mais on y survit. Et ça aide d’en parler. Faut le voir comme un bouton sur tes parties génitales. Dans le sens que c’est hyper embarrassant, mais de garder silence ne sera pas la solution. Va falloir t’en parles à quelqu’un un jour si tu veux ça guérisse.

Pas besoin d’écrire un billet de blogue non plus, mais juste de tendre des perches. Soit ça donne rien et tu restes triste soit ça donne de quoi et ça t’aides à t’en sortir. De toute façon, quand t’es en dépression, tu te sens comme si tu avais littéralement rien à perdre. Alors tant qu’à n’avoir rien à perdre, aussi bien essayer de changer quelque chose. T’es déjà au fond du baril.

Aussi bien en rire aussi. Pour cet article, j’ai littéralement fait un glam shot de mes deux antidépresseurs. Ces deux babes m’aident à passer au travers de mes journées comme un charme et me permettent d’être saoule après deux bières au lieu de 8 (GROSSE PARENTHÈSE ICI, CE N’EST PAS TOUS LES ANTIDÉPRESSEURS QUI FONCTIONNENT AINSI, IL PEUT ÊTRE TRÈS DANGEREUX DE MÉLANGER LES DEUX DANS CERTAINS CAS, INFORMEZ-VOUS AUPRÈS D’UN PROFESSIONNEL). Ils méritaient bien que je les célèbre. De rire de mes problèmes, c’est soit le signe que je suis en train de sombrer dans la folie la plus absurde, soit le signe que je guéris. Je choisis la deuxième option.

Je suis passée assez de fois par le cycle « divan-pleurer-médecin-pilules-psy-aller mieux-rechuter » pour savoir que dans mon cas, la dépression sera sans doute toujours une partie de moi. Mais à chaque jour, je tente –et avec un assez bon taux de réussite, les pilules aidant un peu- de découper un peu plus petit ce morceau de ma vie, jusqu’à en faire un jour, un petit grain de sable qui passera inaperçu dans mon château géant.

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