C'est très féministe un inukshuk on va dire.

Parlons femme (partie 1)

Parlons femme partie 1 : Chandram ado

Dans la vraie vie, je suis une féministe. Pour certains, une féministe radicale même, mais je pense que les gens qui pensent que je suis radicale dans mes idées sont radicalement en retard sur la vie en 2018.

En tout cas, je vais pas faire un méga long exposé de statistiques et de faits expliquant le pourquoi du comment de la pertinence du féminisme en 2018. Pas pour un blogue que je fais pour le fun et qui ne m’apporte 0$ de salaire. C’est aucunement le fun faire une bibliographie qui a de l’allure. Pour 10$ et quatre gros cafés je vous fais une recherche clean expliquant mes raisons avec faits historiques, statistiques et sources fiables, même pas wikipédia, comme si c’était un vrai travail d’uni (oui j’suis broke à ce point-là). Si quelqu’un est down, contactez-moi pis m’a le faire. Pour 0 dollars je vais vous parler de p’tites anecdotes de ma p’tite vie, être drôle un peu, p’têt vous faire vivre 2-3 émotions, pis c’est tout.

Bref, je suis féministe. Je l’ai pas toujours été et je ne suis pas d’accord qu’être née femme fait de toi une féministe par défaut. Premièrement parce que beaucoup de femmes, dont certaines très célèbres, se dissocient de l’expression, voire des idées du féminisme (oui oui y’a des femmes contre l’égalité homme-femme, ça existe). Ensuite parce que, selon moi, pour se déclarer féministe il faut être plus qu’une observatrice passive. « Qui ne dit rien, consent » est un horrible dicton si on parle de sexe, mais quand on parle d’injustice sociale, c’est quand même un petit peu vrai. Donc on peut pas dire que j’ai été féministe toute ma vie, parce que durant mon adolescence et le tout début de ma vie d’adulte, le mouvement féministe, meh, j’en avais pas grand-chose à battre.

En fait, à ce moment de ma vie, il n’y a pourtant pas tant d’années, j’avais pas grand-chose à battre de pas mal toute. Sérieux, je ne sais pas ce qui me poussait à aller de l’avant. J’étais très, très vaine. Enfant j’avais des rêves, ado, j’avais des hormones. Je voulais un chum et finir mon secondaire pis c’est pas mal ça. Pour être fair envers Anne ado, j’étais pas mal rejet pendant une partie de mon secondaire alors juste passer au travers des journées infâmes à l’école était bin en masse. Quand tout le monde te méprise, ton premier réflexe c’est pas d’aller brûler ta brassière dehors. Mais ce ne sont que des excuses.

En fait, l’affaire, c’est que j’étais dans cette bonne vieille mentalité de « on n’est tu pas bin au Québec? Hey on se fait pas exciser pis rien là! » Pis comme, c’est pas faux, des femmes dans certains pays l’ont pas mal plus dur que p’tite Chandram de Saint-Jérôme. Même que je l’avais pas pire là, la première fois que je me suis fait agresser sexuellement c’est juste à 19 ans! Hell yeah man, high five tout le monde, je n’ai pas été abusée sexuellement enfant, c’est juste arrivé à l’âge adulte! Idola St-Jean et Thérèse Casgrain sont fières, quand j’irai au ciel on va se faire des margaritas ensemble en se faisant faire nos pédicures par des p’tits chérubins. Bravo Chandram, tu as préservé ton intégrité physique plus longtemps que bin d’autres traînées!

Ça m’a pris un boutte avant de réaliser que je n’avais pas à prendre mon rang dans la file des injustices. Bin oui cibole, c’est pire se faire torturer pendant trois semaines et subséquemment assassiner que de se faire agresser sexuellement comme je l’ai été.  Cela dit, bien que pour les gens déjà convaincus de la pertinence du mouvement féministe* je n’apprenne rien, pour les autres, grosse nouvelle : Une injustice ne peut pas servir à en justifier une autre.

En plus, ce que je croyais ado, soit cette logique qu’on n’a pas à chialer en tant que femme ici parce que la situation est dont pire quand on sort de l’occident, c’est quand même sexiste en criss…

Suivant cette logique, je suppose qu’en tant que bonne femme je peux juste m’indigner d’une chose à la fois. Genre, je dois choisir être fâchée entre l’écart salarial entre hommes et femmes OU le harcèlement de rue. Pas les deux, seigneur jésus! Si je m’indigne contre les deux je suis une hystérique qui chiale pour toute pis qui est pas reconnaissante de ce qu’elle a pis qui devrait fermer sa gueule. Si je suis pas contente, j’ai juste à déménager en Arabie Saoudite pis constater à quel point j’suis bin icitte, dans mon beau QUÉBEC LIBRE** (quoique live j’suis à Terre-Neuve).

Donc oui, je peux être scandalisée que les mutilations génitales sont encore une réalité courante dans certaines parties du monde ET trouver que certains scénarios de genre dégradants pour la femme encore présents en occident sont eux aussi inacceptables. C’est pas pile ou face, simonak.

Je sais que mon lectorat tend à être libéral***, parce qu’il est tout petit et je connais la plupart de mes lecteurs dans la vraie vie, donc ils risquent de lire et être genre « kk mais on le savait là que l’égalité homme-femme c’était important, reparle de tes fails de dates à place, c’était drôle ça. » L’affaire, c’est que y’a pas tant d’années que ça, j’avais vraiment cette mentalité antiféministe moi-même. J’étais pas trash comme quelqu’un qui commente les articles du JdeM ou de n’importe quel média Québécor, mais malgré le fait que j’étais plus posée et cute, avant d’apprendre autre chose au fil de différentes rencontres majeures dans ma vie d’après-secondaire, mon opinion pouvait parfois être autant trash. Hey, c’est ce que j’ai appris de la société m’entourant. Fine j’ai grandi à St-Jérôme vous pouvez faire vos jokes. Ceci on est une gang à avoir grandi dans des p’tites villes ouvrières pas tant ouvertes sur le monde. Ma mentalité d’ado de St-Jé beach est encore bien présente dans bien des foyers. C’est bon pour l’ego de prêcher à des convertis mais c’est pas de même qu’on fait du changement. Je conclus donc ma partie un de Parlons femme par de la p’tite sagesse chandramesque :

« Soit patient-e avec ton mononcle/cousin/ami d’enfance avec qui tu sais pas trop pour quoi tu te tiens encore avec. Une discussion sur les inégalités sociales, c’est pas supposé être facile et plaisant. Tu es supposé-e vouloir noyer la personne avec qui tu parles, de temps à autre (juste vouloir). Si toutes tes discussions sur le féminisme/le racisme/l’homophobie etc. sont dont plaisantes et douces, c’est que tu ne parles pas aux bonnes personnes et tu te confortes dans ton ego. Prends un break de ta bière de micro, pis vas te pogner une bud avec quelqu’un de ton entourage qui a des opinions problématiques. »

Il va sans dire que si tu essaies de convaincre quelqu’un des bienfaits du féminisme, c’est toujours une bonne idée de lui envoyer un lien vers cet article de moi! Je suis une grosse opportuniste sale et je vais prendre tous les lecteurs. Même les lecteurs avec une casquette vissée à leurs têtes qui portent une chaîne laitte dans le cou et qui conduisent une civic!

Xoxo

La Chandram.

*Et pas mal de n’importe quel mouvement social ever

**LOL

***pas dans le sens du parti politique, eux y lisent juste les éditoriaux de La Presse pis sont tristes qu’André Pratte soit rendu sénateur et ne puisse plus écrire.

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