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Les différents types de gars féministes

Parlons femme 2 : Les différents types de gars féministes

Précédemment, dans parlons femme

Aujourd’hui, je fais une Sophie Grégoire de moi-même et en l’honneur de ma série d’articles Parlons femme, le deuxième parle de gars.

Des gars cisgenre pour être plus précise. Oui j’exclus les gars trans, mais dans le contexte de l’article, étant donné qu’un homme transgenre n’est pas avantagé par la société, l’inclure ne marcherait juste pas.

Quelque chose de cool dans le mouvement féministe, c’est que c’est rendu assez gros et pertinent pour que plein de gars décident de se déclarer ouvertement féministe! Personnellement je suis pour la mixité du mouvement et généralement plutôt contre les événements non-mixtes parce que guess what, 50,4% de la population mondiale s’en va nulle part faque on peut pas juste les rejeter ou les ignorer, même s’ils gossent. Donc j’ai pas de problèmes avec les gars féministes, parce tant qu’à être pognée avec tous ces gars, aussi bien les utiliser.

Cela dit…

Parfois, nos camarades mâles de lutte peuvent être un peu, euh, à côté de la track. Et après un certain temps à fréquenter des milieux féministes inclusifs avec des garçons, tu finis par pouvoir tracer des genres de catégories plus ou moins glorieuses. Voici donc pour vous, en exclusivité, les différents types de gars *féministes* selon la Chandram. Cette liste n’est pas exhaustive et si vous connaissez d’autres catégories, gênez-vous pas de m’en faire part! Sans plus tarder :

  1. Le Broministe

Le broministe va se dire féministe mais c’est des fakes news et il faut s’en méfier. Il est féministe de nom seulement, parce qu’il s’est auto-proclamé féministe. C’est même écrit sur son profil Tinder qu’il est féministe, c’est dire à quel point il est sérieux dans ses efforts envers l’égalité homme-femme. Le broministe moyen ne fait aucun effort actif pour des revendications féministes actuelles. S’il avait à choisir une revendication féministe, ce serait probablement #freethenipple. Mais pas tous les nipples quand même, juste les p’tits sur des beaux seins fermes. Les autres mamelons peuvent rester enfermés. Le broministe parle des filles ou femmes qu’il ne connaît en les appelant des chix ou des p’tites. En fait, le broministe a réalisé que les chix se déclarant féministes pouvaient être quand même chaudes et que c’était une bonne stratégie pour se pogner d’la p’tite que d’infiltrer le mouvement et de dire qu’ils sont eux-mêmes féministes. Mais la femme est encore pour eux surtout un objet de désir, sans d’autre valeur. Le moment le plus féministe de sa vie fut quand, à la suite d’un scandale sexuel assez répugnant, il a publié un statut se dissociant du violeur en disant ces sages paroles : #notallmen.

Son défaut le plus agaçant : Son existence overall est agaçante.

On peut retrouver le broministe : dans un party géré par une asso étudiante, en train de s’immiscer dans une conversation de jolies filles qui n’ont que faire de lui

  1. Le starministe

Le starministe n’est certes pas aussi vil que le broministe et peut même parfois se rendre utile. Tsé, il veut vraiment l’égalité homme-femme et s’il lit la liste, il trouve que je suis pas fine avec lui lala. Le problème, c’est que ce que ce qu’un starministe aime encore plus qu’être un militant féministe, c’est son image de parfait militant féministe et l’attention que ça peut lui apporter. Pis l’affaire, quand tu veux constamment être sous les projecteurs, c’est que tu en viens à pu voir grand-chose et tu ne réalises pas quand il serait temps que tu fermes ta gueule.

Voyez-vous, le starministe a de la misère à réaliser (ou se butte à ignorer) que ce qui est encore mieux que de parler au nom des femmes, c’est de laisser des vraies femmes parler. Mais avouons-le, la société adoreeee les starministes alors pourquoi se retireraient-ils de l’espace qu’ils occupent? Lorsqu’un starministe un peu connu fait une sortie publique pour défendre ses comparses malmenées, les médias traditionnels se peuvent pu et le canonise sur le champ. Comme si, pour une frange de la société bien-pensante, ce qui est encore mieux qu’une lutte pour l’égalité, c’est quand cette lutte est approuvée par un homme bien en vue. Le starministe trouve par ailleurs que la page Décider entre hommes est pas fair bin bin avec lui.

Son défaut le plus agaçant : Lorsqu’il s’évertue à dire qu’il comprend des situations qu’il ne peut pas, du fait de sa nature avantagée par les normes sociétales, comprendre.

On peut retrouver le starministe : À la tête du gouvernment canadien, notamment.

  1. Le philosoministe

Le philosoministe a vu sa vie être transformée à jamais par son philo 1 au cégep. Il ne s’en est jamais remis, le pauvre. Il étudie ou a sérieusement déjà considéré étudier la philo ou la socio. Il a aussi déjà utilisé sans ironie l’expression « avocat du diable » en parlant de lui-même. Outre ce moment embarrassant dans sa vie, le philosoministe n’est pas aussi infâme que le broministe et tend à être plus réservé en public que le starministe.

L’affaire avec le philosoministe c’est que selon lui, il connaît plus le mouvement féministe que toi et il est toujours très tenté, s’il ne le fait pas déjà, de te mansplainer à ce sujet. Je suis bien contente qu’il aille déjà lu Simone de Beauvoir, mais j’pense je comprends assez bien les difficultés venant avec le fait d’avoir un vagin sans avoir à me le faire expliquer par quelqu’un ne possédant pas ledit vagin, merci bien. Le philosoministe a aussi souvent de la misère à admettre que la philo un sérieux problème de sous-représentation de femmes et que la plupart de ses têtes d’affiches des siècles passés étaient de sérieux misogynes. En tout cas, j’dis ça, j’dis rien.

Son défaut le plus agaçant : Le philosoministe adore débattre alors il risque de m’envoyer un message comme quoi j’comprends dont rien pi yé pas de même pour vrai là

On peut trouver le philosoministe : Dans un bistro-discussion au nouveau bar underground cool de la ville, en train d’avoir une discussion animée avec le starministe

  1. L’opportuministe

L’opportuministe a une cause encore plus grande et plus importante que le féminisme à faire avancer, mais ça l’aiderait dans sa croisade d’avoir l’aval des féministes. Ce qui est drôle avec l’opportuministe, c’est qu’il hait les autres opportuministe qui ont un cheval de bataille différent du sien et ne voit pas qu’ils ne sont pas bien différents au fond. Il peut être un anarchiste, un communiste, un membre d’un parti politique, voire d’un groupe religieux. Je dois reconnaître qu’il tend cependant toujours plus vers la gauche que vers la droite, mais hey, on sait jamais, un jour je vais peut-être rencontrer un opportuministe caquiste.

L’opportuministe est convaincu que, de facto, ce pourquoi il se bat aidera les femmes. Dépendamment de sa cause, je peux être d’accord avec lui ou me demander quelle espèce de gymnastique mentale il peut bien faire pour penser qu’il est féministe.

Enfin, en général, j’aime son enthousiasme et son optimisme, mais sa capacité phénoménale à ramener toute discussion à son idéologie aurait aussi fait de lui un excellent vendeur à commission.

Son défaut le plus agaçant : Son zèle est assez next level d’habitude

On peut trouver l’opportuministe : Dans un rassemblement organisé par n’importe quelle organisation politique de gauche.

  1. Le féministe parfait

Il faut comprendre une chose du féministe parfait. C’est un idéal auquel aspirer, mais c’est pas un vrai gars. C’est une fonction inverse (allô math forte de secondaire 5). Tu peux t’en rapprocher, pis être vraiment proche, pis être vraiment cool, pis je peux tomber en amour avec toi tellement t’es cool, pis vouloir te marier, mais tu ne rendras jamais tout à fait au statut du féministe parfait. Parce que l’humain est faillible et se débarrasser du conditionnement de la société est vraiment plus facilement dit que fait. Mais c’est pas parce qu’il n’y a pas de parfait féministe gars qu’en tant que gars, tu peux pas tenter de t’en rapprocher le plus possible. Y’a toujours quelque chose de plus à faire pour t’améliorer! Assume tes torts du passé, apprends de tes erreurs, écoute celles qui n’ont pas de voix, apporte tes ressources et tes connaissances lorsque nécessaire, pertinent et souhaité. Sans être parfait, tu peux être pas pire!

Son défaut le plus agaçant : Être une utopie et ne pas exister dans la vraie vie

On peut trouver le féministe parfait : Nulle part.

Enfin, à ceux qui vont me dire que je fais de la généralisation abusive… Vous avez raison!

Au bout du compte, bien que je ne sois pas contre la mixité, je ne pense pas que les hommes sont absolument nécessaires dans un groupe féministe. Surtout si dans ton groupe féministe tu te ramasses pognée avec deux broministes et un starministes, t’es p’têt mieux pas de gars, en effet.

Je suis aussi au courant qu’en tant que jeune femme blanche de banlieue, je ne suis clairement pas la personne la plus désavantagée de la société. Je fais de mon mieux pour apprendre des erreurs de mes copains les gars féministes pour aider les groupes plus discriminés que le mien, que ce soit les minorités ethniques, sexuelles ou religieuses. Il m’est déjà arrivé d’avoir des comportements vaguement starministes ou philosoministes envers d’autres groupes, je l’avoue et je m’en excuse. Si vous lisez ceci et vous pensez que je m’imagine avoir le haut du pavé moral, oh criss non, je suis une grosse merde comme tout le monde. Mais j’ai une voix. Une grande gueule, si vous préférez. Puis, comme j’ai dit dans la partie un, j’ai la formidable capacité de m’indigner de plusieurs choses en même temps!

Partie 3 demain!

xoxo

La Chandram

 

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C'est très féministe un inukshuk on va dire.

Parlons femme (partie 1)

Parlons femme partie 1 : Chandram ado

Dans la vraie vie, je suis une féministe. Pour certains, une féministe radicale même, mais je pense que les gens qui pensent que je suis radicale dans mes idées sont radicalement en retard sur la vie en 2018.

En tout cas, je vais pas faire un méga long exposé de statistiques et de faits expliquant le pourquoi du comment de la pertinence du féminisme en 2018. Pas pour un blogue que je fais pour le fun et qui ne m’apporte 0$ de salaire. C’est aucunement le fun faire une bibliographie qui a de l’allure. Pour 10$ et quatre gros cafés je vous fais une recherche clean expliquant mes raisons avec faits historiques, statistiques et sources fiables, même pas wikipédia, comme si c’était un vrai travail d’uni (oui j’suis broke à ce point-là). Si quelqu’un est down, contactez-moi pis m’a le faire. Pour 0 dollars je vais vous parler de p’tites anecdotes de ma p’tite vie, être drôle un peu, p’têt vous faire vivre 2-3 émotions, pis c’est tout.

Bref, je suis féministe. Je l’ai pas toujours été et je ne suis pas d’accord qu’être née femme fait de toi une féministe par défaut. Premièrement parce que beaucoup de femmes, dont certaines très célèbres, se dissocient de l’expression, voire des idées du féminisme (oui oui y’a des femmes contre l’égalité homme-femme, ça existe). Ensuite parce que, selon moi, pour se déclarer féministe il faut être plus qu’une observatrice passive. « Qui ne dit rien, consent » est un horrible dicton si on parle de sexe, mais quand on parle d’injustice sociale, c’est quand même un petit peu vrai. Donc on peut pas dire que j’ai été féministe toute ma vie, parce que durant mon adolescence et le tout début de ma vie d’adulte, le mouvement féministe, meh, j’en avais pas grand-chose à battre.

En fait, à ce moment de ma vie, il n’y a pourtant pas tant d’années, j’avais pas grand-chose à battre de pas mal toute. Sérieux, je ne sais pas ce qui me poussait à aller de l’avant. J’étais très, très vaine. Enfant j’avais des rêves, ado, j’avais des hormones. Je voulais un chum et finir mon secondaire pis c’est pas mal ça. Pour être fair envers Anne ado, j’étais pas mal rejet pendant une partie de mon secondaire alors juste passer au travers des journées infâmes à l’école était bin en masse. Quand tout le monde te méprise, ton premier réflexe c’est pas d’aller brûler ta brassière dehors. Mais ce ne sont que des excuses.

En fait, l’affaire, c’est que j’étais dans cette bonne vieille mentalité de « on n’est tu pas bin au Québec? Hey on se fait pas exciser pis rien là! » Pis comme, c’est pas faux, des femmes dans certains pays l’ont pas mal plus dur que p’tite Chandram de Saint-Jérôme. Même que je l’avais pas pire là, la première fois que je me suis fait agresser sexuellement c’est juste à 19 ans! Hell yeah man, high five tout le monde, je n’ai pas été abusée sexuellement enfant, c’est juste arrivé à l’âge adulte! Idola St-Jean et Thérèse Casgrain sont fières, quand j’irai au ciel on va se faire des margaritas ensemble en se faisant faire nos pédicures par des p’tits chérubins. Bravo Chandram, tu as préservé ton intégrité physique plus longtemps que bin d’autres traînées!

Ça m’a pris un boutte avant de réaliser que je n’avais pas à prendre mon rang dans la file des injustices. Bin oui cibole, c’est pire se faire torturer pendant trois semaines et subséquemment assassiner que de se faire agresser sexuellement comme je l’ai été.  Cela dit, bien que pour les gens déjà convaincus de la pertinence du mouvement féministe* je n’apprenne rien, pour les autres, grosse nouvelle : Une injustice ne peut pas servir à en justifier une autre.

En plus, ce que je croyais ado, soit cette logique qu’on n’a pas à chialer en tant que femme ici parce que la situation est dont pire quand on sort de l’occident, c’est quand même sexiste en criss…

Suivant cette logique, je suppose qu’en tant que bonne femme je peux juste m’indigner d’une chose à la fois. Genre, je dois choisir être fâchée entre l’écart salarial entre hommes et femmes OU le harcèlement de rue. Pas les deux, seigneur jésus! Si je m’indigne contre les deux je suis une hystérique qui chiale pour toute pis qui est pas reconnaissante de ce qu’elle a pis qui devrait fermer sa gueule. Si je suis pas contente, j’ai juste à déménager en Arabie Saoudite pis constater à quel point j’suis bin icitte, dans mon beau QUÉBEC LIBRE** (quoique live j’suis à Terre-Neuve).

Donc oui, je peux être scandalisée que les mutilations génitales sont encore une réalité courante dans certaines parties du monde ET trouver que certains scénarios de genre dégradants pour la femme encore présents en occident sont eux aussi inacceptables. C’est pas pile ou face, simonak.

Je sais que mon lectorat tend à être libéral***, parce qu’il est tout petit et je connais la plupart de mes lecteurs dans la vraie vie, donc ils risquent de lire et être genre « kk mais on le savait là que l’égalité homme-femme c’était important, reparle de tes fails de dates à place, c’était drôle ça. » L’affaire, c’est que y’a pas tant d’années que ça, j’avais vraiment cette mentalité antiféministe moi-même. J’étais pas trash comme quelqu’un qui commente les articles du JdeM ou de n’importe quel média Québécor, mais malgré le fait que j’étais plus posée et cute, avant d’apprendre autre chose au fil de différentes rencontres majeures dans ma vie d’après-secondaire, mon opinion pouvait parfois être autant trash. Hey, c’est ce que j’ai appris de la société m’entourant. Fine j’ai grandi à St-Jérôme vous pouvez faire vos jokes. Ceci on est une gang à avoir grandi dans des p’tites villes ouvrières pas tant ouvertes sur le monde. Ma mentalité d’ado de St-Jé beach est encore bien présente dans bien des foyers. C’est bon pour l’ego de prêcher à des convertis mais c’est pas de même qu’on fait du changement. Je conclus donc ma partie un de Parlons femme par de la p’tite sagesse chandramesque :

« Soit patient-e avec ton mononcle/cousin/ami d’enfance avec qui tu sais pas trop pour quoi tu te tiens encore avec. Une discussion sur les inégalités sociales, c’est pas supposé être facile et plaisant. Tu es supposé-e vouloir noyer la personne avec qui tu parles, de temps à autre (juste vouloir). Si toutes tes discussions sur le féminisme/le racisme/l’homophobie etc. sont dont plaisantes et douces, c’est que tu ne parles pas aux bonnes personnes et tu te confortes dans ton ego. Prends un break de ta bière de micro, pis vas te pogner une bud avec quelqu’un de ton entourage qui a des opinions problématiques. »

Il va sans dire que si tu essaies de convaincre quelqu’un des bienfaits du féminisme, c’est toujours une bonne idée de lui envoyer un lien vers cet article de moi! Je suis une grosse opportuniste sale et je vais prendre tous les lecteurs. Même les lecteurs avec une casquette vissée à leurs têtes qui portent une chaîne laitte dans le cou et qui conduisent une civic!

Xoxo

La Chandram.

*Et pas mal de n’importe quel mouvement social ever

**LOL

***pas dans le sens du parti politique, eux y lisent juste les éditoriaux de La Presse pis sont tristes qu’André Pratte soit rendu sénateur et ne puisse plus écrire.