La Chandram, pourquoi la haine?

Bonne question

J’ai déjà ressenti la haine, comme tout le monde.

Une fois particulièrement forte où je l’ai ressentie, je venais de me faire arroser par une voiture. J’avais eu de la slush dans mes yeux, dans mes cheveux, dans ma bouche.

Ce n’était pas la première fois que je m’étais fait arroser par un char, mais cette fois-là, je suis rentrée dans une rage noire. J’ai sprinté un bon 500 mètres derrière le char en lui criant après.

Une autre fois, lorsque je me suis fait congédier d’une micro-brasserie où je travaillais parce que, selon le patron, ma personnalité ne correspondait pas à l’image de la compagnie.

J’étais tellement pleine de haine que j’ai imaginé au moins quatorze façons différentes de faire chier mon ancien patron. Je voulais mettre du sucre dans le réservoir de son moteur (paraît que ça scrappe un moteur), crever ses pneus, lâcher des rats dans la micro-brasserie, mettre du laxatif dans la soupe du jour dans l’espoir que ça lui retombe dessus.

Ça me faisait dont du bien de l’imaginer souffrir.

Bien évidemment, je n’ai jamais rattrapé le char arroseur et mis à part chialer, je n’ai jamais rien fait contre mon ancien employeur.

Mais, je comprends la haine.

Ce que je ne comprends juste pas à quel point elle peut s’étendre et se généraliser.

Est-ce mathématique? Si assez de variables sont rencontrées, est-ce que la haine se multiplie jusqu’à l’impensable?

Est-ce aléatoire? Pourquoi certaines personnes, élevées dans des conditions identiques, des jumeaux mêmes, pourront créer d’un côté un terroriste et de l’autre non.

Comment la haine, un sentiment pourtant si personnel et intime, peut se retourner contre un peuple ou une religion entière?

Je ne peux fournir de réponse.

Tout ce que je sais, c’est qu’après m’être fait tremper jusqu’aux os par un chauffeur sans vergogne, j’ai appelé ma mère en pleurant.

C’est qu’après m’être fait sacrer dehors de ma job, je suis rentrée à Saint-Jérôme et j’ai brossé avec des amis qui m’ont réconfortée.

Je sais qu’après chaque acte horrible, les gens se rapprochent, se serrent les coudes et l’espace d’un instant trop court, on peut croire au bien-fondé de l’humanité.

Des millions de livres, de films, de pièces de théâtre nous ont appris depuis longtemps que l’amour est plus fort que la haine.

Pourtant, de nos jours, l’amour semble si éphémère et la haine si tenace qu’il devient facile de classer de telles déclaration dans le registre de la fabulation.

Je ne suis personne et je me trouve pathétique de parler d’amour sur mon petit blogue, pathétique de penser que je peux changer quoi que ce soit dans l’engrenage de la machine horrible dans laquelle nous semblons tous être embarqués depuis maintenant plusieurs années.

Je ne suis personne et pourtant, j’écris cet article en partie pour me déculpabiliser que quelqu’un de mon héritage ait pu blesser l’autre à ce point. J’essaie de me convaincre que je ne suis pas part du problème, que je suis dans les gentils dans l’histoire.

Seulement je n’en suis pas sûre.

Et à tous les Québécois qui furent touchés par l’attentat du 29 janvier, je suis désolée. Au nom de tout mon peuple, qui se devait d’être le vôtre aussi.

xxx

Suivez-moi sur Facebook et Instagram s’il vous plaît. Stp. Come on.

 

Publicités

La Chandram, pourquoi as-tu fait une dépression?

Bonne question, surtout pour la journée #causepourlacause. (Allez Bell commandite mon blogue je suis pauvre)

God si je le savais, laissez-moi vous dire que j’en aurais pas fait, de dépression.

C’est pas comme un rhume, c’est pas en te lavant les mains souvent que tu te préviens de l’attraper. À moment donné, tu te réveilles, et tu sais pas trop pourquoi ni comment, ta vie c’est rendu de la marde. De la vraie grosse marde.

Objectivement, devant les yeux de quelqu’un de pas dépressif, ta vie n’est peut-être pas véritablement de la marde. Ta vie est peut même très bien, mais elle ne t’amène plus aucun bonheur.

Comment c’est arrivé? Qui sait, peut-être que c’est à cause de ta job de marde (allô Patrick Lagacé, like mon blogue s’il te plaît), peut-être ton programme d’études te convient 0, peut-ête c’est juste ton cerveau qui s’est mis en mode austérité et qui a coupé dans la sérotonine.

Toujours est-il que sans t’en rendre compte, tout d’un coup, t’as comme plus envie de vivre.

De mon expérience personnelle, c’est comme si la vie n’avait plus de couleur ou de saveur. Tout devient gris. Comme la plupart des gens lors des journées grises, les seules choses qui m’allumaient encore un peu c’était de dormir ou être en boule sur mon divan.

Foutu divan. J’étais en amour avec. Je sortais de mon lit pour avoir l’impression d’avoir fait de quoi de ma journée et j’allais m’échouer sur le divan adoré pour le reste de ladite journée. J’ai tellement passé de temps sur dessus dans la même position que je l’ai déformé. Mon coloc partait le matin et me retrouvait dans la même position. J’me suis demandé si j’allais faire des plaies de lit. Je m’en foutais un peu remarque, mais j’aurais trouvé ça drôle. Genre d’humour noir de personne dépressive, un peu comme quand je m’imaginais qu’on m’annonçait que j’avais le cancer et que je répondais « lol »

Ça met les gens mal à l’aise de parler de dépression, ils ne savent pas comment en parler. Ça peut aller à « suicide-toi pas » à la personne qui se sent forcée de te faire un câlin dont tu n’as pas forcément envie, rendant le tout très malaisant. C’est bien plus simple et plus tentant de ne pas en parler. Personnellement, j’avais si peur de passer pour l’emo de service.

Mais la dépression, c’est embarrassant, mais on y survit. Et ça aide d’en parler. Faut le voir comme un bouton sur tes parties génitales. Dans le sens que c’est hyper embarrassant, mais de garder silence ne sera pas la solution. Va falloir t’en parles à quelqu’un un jour si tu veux ça guérisse.

Pas besoin d’écrire un billet de blogue non plus, mais juste de tendre des perches. Soit ça donne rien et tu restes triste soit ça donne de quoi et ça t’aides à t’en sortir. De toute façon, quand t’es en dépression, tu te sens comme si tu avais littéralement rien à perdre. Alors tant qu’à n’avoir rien à perdre, aussi bien essayer de changer quelque chose. T’es déjà au fond du baril.

Aussi bien en rire aussi. Pour cet article, j’ai littéralement fait un glam shot de mes deux antidépresseurs. Ces deux babes m’aident à passer au travers de mes journées comme un charme et me permettent d’être saoule après deux bières au lieu de 8 (GROSSE PARENTHÈSE ICI, CE N’EST PAS TOUS LES ANTIDÉPRESSEURS QUI FONCTIONNENT AINSI, IL PEUT ÊTRE TRÈS DANGEREUX DE MÉLANGER LES DEUX DANS CERTAINS CAS, INFORMEZ-VOUS AUPRÈS D’UN PROFESSIONNEL). Ils méritaient bien que je les célèbre. De rire de mes problèmes, c’est soit le signe que je suis en train de sombrer dans la folie la plus absurde, soit le signe que je guéris. Je choisis la deuxième option.

Je suis passée assez de fois par le cycle « divan-pleurer-médecin-pilules-psy-aller mieux-rechuter » pour savoir que dans mon cas, la dépression sera sans doute toujours une partie de moi. Mais à chaque jour, je tente –et avec un assez bon taux de réussite, les pilules aidant un peu- de découper un peu plus petit ce morceau de ma vie, jusqu’à en faire un jour, un petit grain de sable qui passera inaperçu dans mon château géant.

xxx

Suivez-moi sur Facebook et Instagram s’il vous plaît. Stp. Come on.

La Chandram pourquoi as-tu quitté le bacc en droit (partie 2)

Pour bien comprendre ce texte, lire la partie un

Bonne question

Je ne pensais pas en reparler, mais comme mon billet de blogue a eu 2000 vues et que je veux surfer sans gêne sur sa popularité, here I come.

J’ai reçu des courriels de personnes se sentant blessées par rapport à mon texte, on m’a demandé pourquoi j’ai réinventé la faculté avec autant de frustration (ou de quoi de même)

C’est vrai qu’à lire le premier article, on peut se dire: Damn cette fille veut vomir sur la fac de droit et brûler son hoodie.

Bah non.

Il est confortable le hoodie. Et j’ai déjà vomi dans la fac de droit (dans un abreuvoir pour être plus précise). C’est donc coché sur ma liste de choses à faire.

Il y a plein de choses dont je vais m’ennuyer de la faculté de droit de l’université de Sherbrooke. Les profs surtout. En particulier René Pépin, sans doute l’être le plus précieux que je connais. Avec ma professeure de quatrième année du primaire, il reste un de mes profs préférés à vie. Robert Kouri aussi est haut dans la liste, bien qu’il me terrifait juste un tout petit peu.

Je vais m’ennuyer du sentiment qu’ils pouvaient nous faire avoir quelques fois, le sentiment qu’on pourrait changer le monde.

C’est juste que moi, après un an, je ne l’avais plus ce sentiment. Je ne ressentais plus grand chose en fait.

Pour moi le bacc en droit est quelque chose de passionnel, un peu comme une relation de couple d’adolescents. Comme une cheerlader et un joueur de football. Mais je ne pouvais pas continuer. Je n’aimais plus ça et je manquais de talent.

Je persiste et je signe que c’est une faculté de cinglés, il faut vraiment être cinglé pour passer par là avec grâce.

Et il y a une bonne partie d’alcoolique, de névrosés et d’hypocrites. Pas tout le monde, comme plein de monde m’ont dit, mais assez pour qu’on en parle. Avec un grain de sel ou non.

xxx

La Chandram, pourquoi as-tu quitté le bacc en droit?

Bonne question.

Parce que c’est un osti de programme de cinglés.

Merci. Fin du billet.

Non sérieusement, soyons honnête:

C’est honnêtement un osti de programme de cinglés.

Cela dit, ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai lâché. Je suis moi-même très pas bien dans ma tête. Mais si ce n’est pas moi la plus folle dans le coin, normalement, c’est qu’il y a un problème. J’irai pas jusqu’à dire que la faculté de droit est le dépotoir de l’humanité, dixit Jean-Philippe Baril-Guérard, mais mettons que y’a tout de même de quoi s’inquiéter un peu. Pour être allée à la fac de droit pendant un an et demie, je peux dire que la personne qui va vous aider à finaliser votre divorce est soit:

  1. Une névrosée
  2. Une alcoolique
  3. Une hypocrite
  4. Une personne malgré tout sympathique mais qui possède une des trois qualités nommées si haut

Je remplis au moins deux de ces critères. Alors pourquoi cela n’a pas marché? Moi, une candidate prometteuse, avec une cote R de feu et un vif désir de justice, pourquoi ne suis-je pas la digne héritière de Me Goldwater?

Premièrement, parce que ma cote R de feu, je l’ai eu en terminant arts plastiques. Woupidou, ça a bin d’lair que Monet et le code civil ce n’est pas si interchangeable finalement. J’étais tellement mal préparée et j’ai eu les notes qui allaient avec.

Mais surtout, le droit, c’est le quart-arrière de l’équipe de football américain qui est beau, arrogant et un peu méchant sur les bords. J’étais sa blonde cheerleader.

Il n’y a rien de mal à dater un quart-arrière un peu arrogant, mais comme dans tout bon film d’ado américain, la blonde cheerleader que j’étais avait encore un faible pour le p’tit nerd qui était son ami d’enfance.

Et je ne voulais pas lâcher mon chum-bacc, parce que je l’aimaaaaaaaiiiiissss, j’aimais l’euphorie, la fierté de porter mon hoodie écrit « Droit » dessus qui était franchement plus beau que celui des autres programmes, l’esprit d’équipe, le p’tit sentiment de fierté quand la grosse matante me demandait dans quoi j’étudiais maintenant.

J’étais dont fière et malheureuse de sortir avec ce douchebag de bacc.

Je pouvais ignorer les deadlines impossibles et la pression incroyable de certains pairs qui, telles des personnages de Mean Girls, étaient capables des pire vacheries de manière si subtiles que quelqu’un d’inattentif le prendrait presque pour un compliment. Je pouvais me convaincre si dur que j’étais heureuse dans cet univers qui carbure au four loko et aux 8 cafés par jour.

Mais non, ce n’était pas vrai.

J’dis ça, et je suis pas mal sûre qu’il y en a d’autre dans le déni comme moi parce que franchement, le programme est construit pour être malheureux, du moins à l’UdeS. On en rit mais c’est pas tant drôle.

Seulement, quand on est dans une relation vouée à l’échec, sentimental ou scolaire, il faut avoir le courage de repartir à zéro.

Je termine donc en disant au bacc en droit:

Je suis désolée, ce n’était pas meant to be entre nous. Tu cales tes bières, je les sirote, tu carbures à la compétition, moi j’suis plus coopération.

Bonne chance pour ton futur, on peut rester amis

xxx

La Chandram

 

La Chandram, pourquoi as-tu un blogue

Bonne question.

Ma prof de quatrième année m’a dit: Wow Chandram, tu écris bien. Et comme je suis très naïve, je l’ai crue.

J’ai même déjà participé à un concours d’écriture en deuxième secondaire. Je suis arrivée deuxième. Sur deux. J’ai quand même gagné 100$. Avez-vous déjà gagné quelque chose dans un concours d’écriture? Je parle pas de LA personne talentueuse qui lirait mon blogue, je parle de l’être humain moyen qui est tombé sur cette page par je ne sais quel miracle et qui a continué à lire pour des raisons obscures. C’est bien ça je pensais.

Bref, j’ai beau avoir été techniquement la dernière, j’étais aussi la deuxième meilleure, ce qui m’a permis de remporter un prix et de prendre une belle photo avec mon enseignant. C’est à ce moment que j’ai découvert que dans la vie, ça vaut toujours la peine d’essayer. Pas parce qu’on risque de le regretter, mais parce qu’il y a toujours une chance qu’on soit seulement deux à essayer.

J’ai acheté les Sims 3 plus extensions avec mon prix littéraire. J’ai donc arrêté d’écrire pour faire baiser des Sims sans arrêt avec toute leur ville imaginaire.  D’une certaine manière, je crois que les Sims sont responsables du retard de mon entrée dans le monde de la sexualité active.

Mais au delà des Sims, l’écriture reste ma passion et mon amant numéro 1. Rien ne me comble davantage que de réussir à écrire un texte satisfaisant. L’orgasme est un solide deuxième, mais il n’est pas aussi bon.

Ce blogue, c’est de la masturbation intellectuelle dans un sens. Pas JUSTE ça, mais ce serait mentir de dire que ce ne l’est pas au moins un petit peu. Cela dit, j’aime toujours avoir des partenaires dans mon fantasme de mots alors j’espère vous allez profiter de la « ride » que je peux vous offrir au travers de mes mots, anecdotes de vie et autres pensées ridicules.